Strasbourg : une université pionnière ?

21 Septembre 2022

Le président de l’université de Strasbourg a annoncé que l’université fermerait deux semaines de plus dans l’hiver 2023. En cause : le prix de l’énergie.

Les vacances de Noël se termineront une semaine plus tard que prévu, l’université restant fermée. Une autre semaine, en février, les cours se feront uniquement à distance. Quant au chauffage, il sera mis en route le plus tard possible.

L’université de ­Strasbourg qui comptait 57 000 étudiants en 2020-2021, a vu exploser ses dépenses énergétiques, comme bien d’autres : treize millions d’euros en 2022, vingt millions prévus pour 2023, une hausse incompatible avec un budget contraint. La direction de l’université, obéissant au plan de sobriété énergétique prôné par le gouvernement, a donc décidé de l’appliquer, aux dépens du personnel, enseignant ou autre, et des étudiants.

Devant les réactions, entre autres des syndicats, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a immédiatement déclaré qu’il fallait « accompagner les établissements d’enseignement », tout en ajoutant qu’ils sont « responsables et autonomes ». Autrement dit, qu’ils se débrouillent avec les moyens du bord !

À tous les niveaux du système éducatif, les moyens sont inférieurs aux besoins, et l’université n’y échappe pas : locaux insuffisants ou vétustes pour certains, manque d’enseignants... Pendant la période du Covid, l’enseignement à distance a montré ses failles, le manque de contacts et de vie collective handicapant les étudiants en difficulté. Sans compter les dépenses (réseau Internet, ordinateur) nécessitées par le télétravail, qu’on soit étudiant ou travailleur de l’université.

C’est cette caricature d’enseignement qui devrait suppléer à l’insuffisance du budget ? Pas de doute, le gouvernement soigne les jeunes générations.

Sylvie MARÉCHAL