Ouganda : dévasté par Total

21 Septembre 2022

Mercredi 15 septembre, le Parlement européen s’est inquiété du projet de TotalEnergies d’exploitation d’un gisement pétrolier au bord du lac Albert, en Ouganda. Il prévoit ainsi la construction du plus grand oléoduc chauffé du monde, sur près de 1 500 kilomètres à travers l’Ouganda et la Tanzanie.

Le texte du Parlement européen reprend ce que dénoncent depuis des années des associations. Cent mille personnes risquent d’être déplacées, et les paysans expropriés ont subi des pressions pour signer les documents présentés par les représentants de Total. Le Parlement européen dénonce des violations des droits de l’homme, des arrestations, des actes de harcèlement judiciaire contre des militants et des ONG. Il réclame la libération des personnes arrêtées, ainsi qu’une indemnisation correcte des paysans expropriés, que certains attendent depuis des mois.

Le Parlement s’inquiète aussi des dangers pour l’environnement et pour les ressources en eau, avec d’inévitables déversements de pétrole. 400 puits de pétrole doivent être forés à partir de décembre, dont 132 dans une zone protégée. Le projet pourrait émettre jusqu’à 34 millions de tonnes de CO2 par an, trente fois les émissions actuelles de l’Ouganda et de la Tanzanie réunis.

Mais, face à de si graves accusations, la résolution du Parlement européen est « non contraignante », et demande seulement à Total de reporter d’un an le début des travaux, afin d’étudier si un autre trajet est possible pour l’oléoduc.

Pas sûr que cela convainque Total d’abandonner un projet si lucratif, d’autant qu’il a le soutien de Macron, des armées française et ougandaise, et de la police du pétrole ougandaise, qui agit main dans la main avec les forces de sécurité de Total. La lutte résolue contre le réchauffement climatique, c’est bon pour les discours électoraux.

Hélène COMTE