Iran : Vive la lutte pour la liberté des femmes !

21 Septembre 2022

Lundi 19 septembre, de nouvelles manifestations ont eu lieu pour protester contre la mort d’une jeune femme, Mahsa Amini, arrêtée le 13 septembre par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés », et morte à l’hôpital le vendredi 16 septembre.

Mahsa Amini, 22 ans, avait été admise à l’hôpital dans le coma le lendemain de son arrestation, avant de s’y éteindre trois jours plus tard. Pour nombre d’Iraniens, il ne fait guère de doute qu’elle est morte sous les coups de la police. Sa mort a déclenché une véritable vague de colère contre le régime et ses supplétifs. Dès samedi, les manifestations ont rassemblé des femmes et des hommes par milliers, dénonçant les autorités et criant « Mort à la République islamique » dans de nombreuses villes du pays, y compris à Téhéran, la capitale. Filmées par des téléphones, des femmes se sont coupé les cheveux, ont retiré leur voile, l’ont brûlé pour certaines.

Face aux manifestants, la police est intervenue, arrêtant plusieurs d’entre eux et dispersant la foule à l’aide de matraques et de gaz lacrymogène. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux Droits de l’homme, la police aurait tiré à balles réelles dans plusieurs villes du pays, tuant au moins six personnes. Mais la vague de colère est telle que le président iranien a dû promettre une enquête et que des parlementaires, sentant le sens du vent, ont dénoncé la police des mœurs dans la presse, chose inhabituelle.

Cette police est chargée de faire peser sur les femmes une véritable chappe de plomb, en leur imposant le port du voile obligatoire en public mais aussi en leur interdisant de porter des manteaux courts au-dessus du genou, des pantalons serrés et des jeans troués ou encore des tenues de couleurs vives. Une Iranienne a posté une vidéo dans laquelle elle explique que dès l’âge de 7 ans, « si nous ne nous couvrons pas les cheveux, nous ne pourrons plus aller à l’école ni trouver un emploi. Nous en avons marre de ce régime d’apartheid de genre ».

Cette pression religieuse qui s’exerce contre les femmes est un des outils qui permet au régime iranien de maintenir sa dictature en mobilisant ses troupes et en faisant régner la terreur dans toute la société.

C’est une pression contre tous les pauvres, contre tous les travailleurs. Solidarité avec ces combattantes et tous ces combattants qui, ne comptant que sur eux-mêmes, se révoltent avec courage pour leur liberté et leur dignité !

Serge BENHAM