À Hordain : “400 euros pour tous ”

21 Septembre 2022

L’usine PSA de Hordain, près de Valenciennes, produit des véhicules utilitaires légers pour des marques différentes : Peugeot, Citroën, Fiat, Opel, Toyota.

Mais la direction en veut toujours plus et annonce une augmentation des cadences, sans embauches sauf quelques intérimaires supplémentaires et surtout des « contrats pro » qui ne coûtent pas cher à l’entreprise.

Elle a supprimé les équipes d’entretien et les pannes se multiplient. Elle fait rattraper les véhicules manquants en faisant travailler les samedis et les jours fériés. Frais minimums, profits maximums, c’est le mot d’ordre de la direction. Et cela vaut aussi pour les salaires qui sont gelés. Dans l’usine, beaucoup disaient ne plus pouvoir s’en sortir et l’idée des 400 euros d’augmentation revenait de plus en plus souvent, la hargne contre les profiteurs aussi.

C’est la principale raison des débrayages qui ont commencé dans la soirée du jeudi 15 septembre. Quelques dizaines de travailleurs ont quitté leur poste au Ferrage. La CGT relayait le débrayage et appelait l’équipe de nuit et celle du vendredi matin à faire de même.

Le vendredi 16, au matin, 150 ouvriers, essentiellement du Ferrage, se sont mis en grève. Ceux des équipes du soir et de nuit ont suivi à leur tour. Au total, pas moins de 500 travailleurs se sont déclarés en grève. Il y avait aussi des jeunes en contrats pro et des intérimaires pour qui c’était la première grève. Des assemblées générales de grévistes ont voté les revendications proposées par la CGT : 400 euros de plus par mois pour tous les salaires, une prime défiscalisée de 6 000 euros, des embauches de contrats pro et d’intérimaires, des améliorations des conditions de travail, le refus de l’augmentation prévue des cadences.

La direction a tout refusé, comptant sur le fait que la grève n’allait pas passer le week-end. Mais l’équipe du samedi matin a continué la grève, ainsi que celle de la nuit du dimanche. Lundi 19 septembre, la bonne surprise a été que plus d’une centaine d’ouvriers n’ont pas repris le travail.

La direction a alors annoncé qu’une réunion centrale allait se dérouler le 27 septembre, avec comme ordre du jour la prime Macron et le déblocage de la prime d’intéressement. Ce point ne concerne pas grand monde à part des hauts cadres qui avaient pu se permettre de laisser leur prime bloquée cinq ans.

Suite à cette annonce, les travailleurs ont décidé de se mettre en grève par intermittence, comme ils le disent eux-mêmes, pour maintenir la pression. Mardi 20 septembre, en équipe du soir, ils étaient encore une centaine à débrayer et à manifester dans les ateliers.

Ils peuvent être fiers d’avoir allumé la mèche. Si le feu prend dans tout le groupe PSA Stellantis, les patrons profiteurs du groupe auront ce qu’ils méritent !

Correspondant LO