Fonderie Eurocast-GMD – Delle : les travailleurs se font respecter

21 Septembre 2022

Lundi matin 12 septembre, à la Fonderie Euroscas-GMD de Delle, dans le Territoire de Belfort, toutes les équipes, celles d’après-midi, de nuit, ainsi que les techniciens et employés des bureaux, soit 90 % du personnel, se sont mis en grève pour exiger le départ de leur directeur.

L’idée de la grève était dans tous les esprits depuis la reprise des congés avec la démission de plusieurs travailleurs, poussés à bout par ce directeur. Dès son arrivée il y a quatre ans, il n’a eu de cesse de vouloir régner par la peur, à coups de brimades, sanctions, licenciements de malades, ou pour fautes inventées, affichant un mépris insultant, bien accompagné par une jeune DRH zélée et aux ordres, qui elle aussi vient de démissionner ! Sa ligne directrice, celle des dirigeants de GMD aux ordres des constructeurs de l’automobile, principalement PSA Stellantis, est de faire fondre les effectifs – ils sont passés de 139 à 106 – et augmenter la pression sur les travailleurs.

La production étant complètement à l’arrêt, des cadres dirigeants du groupe ont vite rappliqué pour tenter d’éteindre l’incendie, proposant d’envoyer le directeur… en formation au management ! Et pas à un mensonge près, ils ont dit être surpris, pas au courant de ses agissements. « Tous les indicateurs de l’usine sont au vert », ont-ils déclaré, le principal étant, pour eux, que l’usine fait des bénéfices.

À partir de là, les travailleurs ne veulent plus discuter d’autre chose que du départ définif du directeur ; ils ne veulent plus se laisser endormir comme après la grève précédente pour les salaires, où ils demandaient déjà son départ. Une enquête sur les risques psycho­sociaux, diligentée alors par l’inspection du travail, n’avait fait que calmer son jeu un ou deux mois.

Après trois jours de tergiversations des dirigeants du groupe, qui n’ont pas entamé la détermination des grévistes, le directeur en personne est venu annoncer sa démission à tous les salariés, avec cependant un préavis de trois mois, qu’il fera à l’usine.

Les travailleurs ont obtenu ce qu’ils voulaient. Mais ils ont décidé d’utiliser le vendredi, jour de RTT, pour se retrouver et discuter des conditions de la reprise du travail en demandant des garanties de « non-agression » de la part de ce futur ex-directeur honni : qu’il reste dans son bureau pendant son préavis, et ne vienne plus dans les ateliers. Quant à la demande du paiement des quatre jours de grève, un dirigeant du groupe a répondu : « Sur la tête de mes enfants, pas question ! » Ils seront retirés en deux fois. Le travail a repris lundi 19, les travailleurs, satisfaits d’avoir pu faire entendre raison à leur patron, restent vigilants.

Correspondant LO