SNCF : dix ans après la mort d’un cheminot, quelle justice ?

14 Septembre 2022

Jeudi 8 Septembre, une cinquantaine de cheminots et de militants se sont rassemblés devant le tribunal de Chartres à l’occasion du procès en appel contre la direction de la SNCF, inculpée d’homicide involontaire ayant entraîné la mort d’Anthony Ledon.

Cet agent de la voie, âgé de 22 ans seulement, n’avait que cinq mois d’ancienneté lorsque, la nuit du drame, en 2012, il se trouvait sur un chantier dangereux de renouvellement d’appareils de voie à Toury au nord d’Orléans.

Le rassemblement était organisé à l’appel des organisations syndicales en soutien à la famille et pour montrer que, même dix ans après, la colère est toujours là. En effet, pour les présents et pour les cheminots ayant travaillé sur le chantier à l’époque, la responsabilité de la SNCF ne laisse pas de doute. Les conditions de production, les manquements en termes de sécurité, la pression à la rentabilité, la vitesse des trains passant sur la voie contiguë, tous les facteurs étaient réunis pour conduire à ce drame.

Ces nombreux manquements, reconnus lors du procès, n’ont pas empêché l’avocat de la SNCF, ni même le procureur, de plaider la relaxe. Pour eux, le lien entre ces manquements pris séparément et la mort du jeune Anthony ne pourrait être clairement établi ! Outre leur déconnexion de la réalité, cela montre leur mépris pour la vie d’un travailleur.

Voir la SNCF au banc des accusés après dix ans de procédure était déjà une petite victoire pour la famille comme pour tous ceux qui mènent la lutte pour que ce crime patronal soit reconnu. La décision finale du tribunal sera donnée le 3 novembre, mais justice sera-t-elle rendue à Anthony Ledon ?

Correspondant LO