Rattrapage des pensions : les retraités à la diète

14 Septembre 2022

Avec retard, la loi sur le pouvoir d’achat a enfin prévu l’augmentation, entre autres, des pensions des 17 millions de retraités. Depuis le 9 septembre, 4 % de hausse ont été appliqués sur la pension du régime de base, et un rattrapage depuis juillet a même été versé à une majorité de retraités.

Cela ne va pas leur permettre de faire la fête : cette hausse, censée compenser une inflation estimée fin août à 6,5 % sur un an, ne fait évidemment pas le compte. D’abord, pour 14 millions de retraités du privé, elle ne porte que sur la retraite de base, et non sur la complémentaire, qui peut représenter un tiers de la pension. Donc, loin des 45 euros d’augmentation moyenne annoncés par le ministre Dussopt, c’est autour de 28 euros de plus que ces travailleurs à la retraite pourront dépenser chaque mois.

Pour la retraite complémentaire, et notamment celle de l’Agirc-Arrco, il faudra attendre des décisions qui ne seront pas prises avant octobre. Quelles qu’elles soient, ces quelques dizaines d’euros sont peu par rapport à la hausse des prix des achats en grande surface (+9,2 % selon l’UFC-Que choisir), à celle des produits ménagers et d’hygiène (+13 %) ou à celle du fioul (+67 % selon la même source).

« Il faut que nos compatriotes absorbent une petite part de cette hausse », prétendait Bruno Le Maire sur LCI le 12 septembre. Vu de Bercy, ce n’est qu’une « petite part », mais pour les travailleurs retraités qui ont perdu 10 % de pouvoir d’achat en dix ans du fait du blocage des pensions, pour les millions qui n’atteignent pas la retraite moyenne qui serait de 1 350 euros mensuels net, c’est la part de mépris de trop.

À vouloir continuer d’imposer aux retraités comme aux autres travailleurs une diète forcée, les gouvernants et leurs donneurs d’ordres du patronat risquent de donner envie de mordre.

Viviane LAFONT