James Connolly et la monarchie britannique

14 Septembre 2022

En 1911, alors que le nouveau roi George V, grand-père d’Elizabeth II, s’apprêtait à visiter l’Irlande, alors entièrement britannique, le socialiste irlandais James ­Connolly (1868-1916) écrivait ces mots qui n’ont pas vieilli :

« Qu’est-ce que la monarchie ? D’où tient-elle son autorité ? Qu’a-t-elle offert à l’humanité ?

La monarchie est la survivance de la tyrannie imposée sur l’humanité par l’avidité et la traîtrise dans la période la plus sombre et marquée d’ignorance de notre histoire.

Elle tire sa seule autorité de l’épée du voleur et de l’impuissance du producteur et ce qu’elle a donné à l’humanité est inconnu – si ce n’est que l’on peut le mesurer aux multiples exemples de l’injustice la plus cynique et triomphale.

Toutes les classes de la société, à part la famille royale et en particulier la famille royale britannique, ont contribué à élever le genre humain via certains de leurs membres. Mais ni dans la science, ni dans les arts, ni dans la littérature, ni dans l’exploration, ni dans les inventions mécaniques, ni dans aucun domaine de ­l’activité humaine aucun représentant de la famille royale britannique n’a fait progresser l’humanité au niveau moral, intellectuel ou matériel. Cette famille s’est opposée au moindre progrès, a combattu toutes les réformes, persécuté le moindre patriote et intrigué contre toutes les causes justes. En massacrant tous les amis du peuple, elle a fraternisé avec tous ses oppresseurs. […] Meurtre, trahison, adultère, inceste, vol, parjure : tous les crimes connus par l’homme ont été commis par l’un ou l’autre des monarques dont le roi George revendique fièrement la descendance. […]

Nous ne le blâmerons pas pour les crimes de ses ancêtres s’il renonce aux droits royaux qu’ils lui ont légués. Mais tant qu’il prétend à ces droits en vertu de sa naissance, alors en vertu de sa naissance il doit endosser la responsabilité de leurs crimes. »