Allocations chômage : le Medef exige, le gouvernement exécute

14 Septembre 2022

Lundi 12 septembre, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a lancé la prétendue concertation qui doit aboutir à la création de France travail, présenté comme devant succéder à Pôle emploi. L’objectif est clairement affiché : réduire les droits des chômeurs.

Il y a à peine un an, une précédente réforme avait déjà entraîné la baisse du montant des allocations chômage en imposant un nouveau mode de calcul. Il avait aussi durci les conditions d’accès aux allocations chômage pour des centaines de milliers de travailleurs précaires, saisonniers ou intermittents. Mais pour le Medef cela ne suffit pas, comme il l’a encore martelé à son université d’été, exigeant du gouvernement qu’il aille encore plus loin, et plus vite.

Le patronat a donc été entendu. L’une des mesures principales envisagées par le gouvernement consisterait à faire dépendre les règles d’indemnisation du niveau du chômage, ce qui permettrait de diminuer encore davantage les allocations chômage, d’une façon encore plus arbitraire, puisqu’il n’y aurait plus vraiment de règles fixes. Faire pression sur les salaires est en fait l’objectif principal de cette réforme à venir. En effet, moins les salariés au chômage sont indemnisés, plus ils se retrouvent contraints d’accepter des emplois sous-payés. Et cela constituerait une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires.

Dussopt a déclaré que la mise en place de France travail devait commencer par une réforme du RSA, dont le versement devrait être conditionné par le fait d’effectuer quinze à vingt heures d’activités par semaine. Cette annonce s’inscrit dans une campagne de communication menée depuis des semaines et visant à présenter les chômeurs comme responsables de leur situation. Elle vise surtout à diviser les travailleurs entre ceux qui ont un emploi et ceux qui en sont privés par la politique patronale.

S’opposer à une telle division est une nécessité pour se défendre face à cette attaque de grande ampleur qui se prépare. Qu’ils aient un emploi ou pas, les travailleurs ont les mêmes intérêts et devront se battre pour contraindre les patrons à répartir le travail entre tous et à augmenter massivement les salaires.

Arnaud LOUVET