États-Unis : nouveau meurtre policier

07 Septembre 2022

Dans la nuit du 30 au 31 août, à Columbus, dans l’Ohio, Donovan Lewis, âgé de 20 ans, a été tué par balle dans son lit par trois policiers qui s’étaient introduits chez lui munis d’un mandat d’arrêt et accompagnés d’un chien.

La scène, filmée par la caméra-piéton d’un des policiers, a fait le tour des réseaux sociaux et déclenché la colère de la population de Columbus.

Ce meurtre d’un jeune Noir désarmé vient s’ajouter à la longue liste d’habitants tués par la police, en particulier dans les quartiers populaires. D’après le ­Washington Post, aux États-Unis au moins 1 055 personnes, soit près de trois par jour, ont été tuées par balle par des policiers en 2021.

Les Noirs, qui représentent 13 % de la population, courent deux fois plus de risques d’être tués que les Blancs. Dans l’immense majorité des cas, ces meurtres restent impunis : en quinze ans, entre 2005 et 2020, seuls 110 policiers ont été inculpés pour homicide, et cinq condamnés pour meurtre.

Rien n’a changé depuis le meurtre de George Floyd en mai 2020, étranglé de sang-froid par un policier blanc, en pleine rue et en plein jour.

Pour éteindre la vague de colère déclenchée par la vidéo insoutenable de sa mort, les autorités américaines ont alors dû organiser un procès spectaculaire et condamner son tueur, mais les mœurs policières sont restées les mêmes. Dans une société qui repose sur la violence de l’exploitation et des inégalités sociales, la vie d’un jeune de quartier populaire, a fortiori s’il est noir, ne vaut pas grand-chose aux yeux des policiers et de la justice.

Julie LEMÉE