Énergie : la guerre aux travailleurs

07 Septembre 2022

Entre le Conseil de défense du 2 septembre et la conférence de presse de Macron lundi 5, les déclarations martiales autour des tensions sur le coût de l’énergie n’ont pas manqué ces derniers jours. Il s’agissait de préparer les esprits aux sacrifices qui seront demandés à la population.

« Nous sommes en guerre, c’est un fait », a déclaré le président. Avec le Conseil de défense, c’est en effet une préparation quasi militaire des esprits qui s’amorce. Cela fait plusieurs mois que le gouvernement souffle le chaud et le froid, affirmant que tout est prêt et que les stocks sont remplis à plus de 90 %, qu’il n’y aura pas de problème pour l’hiver. Mais il demande aussi à toute la population « une mobilisation générale ». Sans la « sobriété » exigée, il menace de rationnements, voire de coupures.

Pour les entreprises, il s’agira de réduire le chauffage dans les bureaux et les ateliers. Certaines ont déjà prévu de réduire l’activité tout court vue l’explosion du prix de l’électricité. Elles demanderont – certaines l’ont déjà fait – un retour du chômage partiel mis en place pendant la pandémie : les salaires seraient payés en bonne partie par l’État. Mais pour les travailleurs, il faudra se serrer la ceinture. Outre la perte de salaire, ils sont invités à réfléchir à faire baisser leur consommation de gaz et d’électricité. Il fallait oser, alors que bien des familles font déjà des économies forcées sur le gaz, l’électricité, le fioul et le carburant. Et les « experts », comme Macron lui-même, de nous abreuver de conseils tels qu’éteindre les lumières, baisser le chauffage ou « couvrir les casseroles » !

Bien sûr, le gouvernement prétend protéger la population avec quelques gestes comme les chèques énergie distribués aux plus pauvres, ou encore la prolongation du bouclier tarifaire qui permet un blocage tout relatif des prix de l’énergie notamment. Le ministre Attal a vanté ce dispositif mis en place l’année dernière et censé limiter à 4 % la hausse des prix de l’électricité au tarif réglementé. Mais pour l’année prochaine, cette hausse serait plutôt de 10, voire 20 %...

Une bonne manière d’économiser l’énergie peut déjà consister à couper la télévision quand Macron passe. Cela peut aussi soulager.

Camille PAGLIERI