Rentrée scolaire : précarité et pénurie

31 Août 2022

Les services du ministère de l’Éducation et le ministre lui-même affirment qu’ils sont en voie de trouver les quelques milliers d’enseignants qui manquent en cette rentrée scolaire.

La réalité est qu’il manque beaucoup plus que 4 000 personnes pour faire fonctionner la machine. L’État, tous gouvernements et ministres confondus, est bien placé pour le savoir car c’est lui qui organise la pénurie et la dégradation du système scolaire, et depuis longtemps.

Le nombre de postes de titulaires a continûment diminué chez les enseignants, le personnel administratif, les ouvriers d’entretien, de ménage et de cantine, les infirmières, le personnel de vie scolaire. Il y a toujours moins d’adultes pour encadrer les enfants et les adolescents, et leur situation est toujours plus précaire.

Les enseignants nouvellement nommés sont bien souvent sur deux, voire trois établissements, passent leur vie dans les transports et ont de ce fait bien du mal à former des équipes éducatives. Les brigades de remplaçants ont été supprimées, les heures supplémentaires se multiplient et ont tendance à devenir obligatoires, le nombre de surveillants dans le secondaire est ridicule, la charge des directeurs d’école écrasante, les aides à la vie scolaire sont sous pression, des classes sont fermées, des spécialités sont fantomatiques, des écoles des quartiers ouvriers sont délabrées, etc. Pour des raisons d’économies, l’État délaisse l’éducation et la socialisation des enfants des classes populaires et ne garde de moyens, et encore, que pour la formation des futurs cadres de la bourgeoisie.

Paul GALOIS