Mayotte : Darmanin souffle sur les braises25/08/20222022Journal/medias/journalarticle/images/2022/08/P3-2_Darmanin_vers_Mayotte_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C132%2C600%2C469_crop_detail.jpg

Leur société

Mayotte : Darmanin souffle sur les braises

En visite à Mayotte, Darmanin y est allé de son petit couplet antimigrants. Il envisage de modifier le droit du sol pour ce territoire, afin de rendre plus difficile l’accession à la nationalité française.

Illustration - Darmanin souffle sur les braises

Le droit du sol, inscrit dans le Code civil depuis 1851, accorde la nationalité française à toute personne née en France qui en fait la demande. Mayotte fait déjà exception depuis 2018, en vertu d’une loi qui stipule qu’un des parents doit résider sur l’île depuis au moins trois mois avant la naissance de l’enfant.

Darmanin veut porter ce délai à un an. Il entend ainsi « lutter contre l’attractivité sociale » de Mayotte, alors que le smic horaire y est de 8,35 euros brut au lieu de 11,08 euros dans tous les autres départements, et que c’est le département français où l’espérance de vie est la plus faible. Le chômage fait des ravages, notamment chez les jeunes, et une grande partie des Mahorais vivent dans des cases en tôles. Il y a un seul hôpital de 411 lits pour les 280 000 habitants de l’île. Plutôt que d’offrir aux Mahorais des conditions d’existence dignes, la France, par la voix de Darmanin, les dresse contre les migrants, en particulier ceux venant des îles voisines des Comores, qui tentent de fuir une existence encore plus misérable que la leur.

La démagogie de Darmanin est d’autant plus révoltante que l’État français est entièrement responsable de la situation. La France a occupé ces îles pour des raisons coloniales, puis stratégiques. Ne voulant pas conserver l’archipel, elle l’a découpé, instituant Mayotte en département français et rejetant le reste. Le peu, à peine digne d’un pays en développement, que la République a concédé à son « département » est encore beaucoup à côté de la misère des îles Comores. On comprend alors que les habitants de ces dernières tentent leur chance à Mayotte.

Et rien, ni la police ni les discours d’un ministre de l’Intérieur chassant sur le terrain de Le Pen, ne les en dissuadera.

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