RATP bus : temps de conduite augmenté

17 Août 2022

Depuis le 1er août, la RATP impose de nouveaux horaires aux 16 000 conducteurs de bus. Après un an de pressions pour faire accepter des mesures de productivité, elle n’a pu obtenir l’accord d’aucun syndicat. Elle a donc pris une décision unilatérale, qui consiste en une série d’attaques contre les conducteurs.

Sans accord avec les syndicats, elle n’a pas pu faire passer certaines des mesures prévues : retirer six jours de repos ou mettre en place des services à coupure en deux parties le samedi. Mais elle a trouvé d’autres moyens de s’en prendre aux conditions de travail des conducteurs.

Elle augmente la moyenne du temps journalier de conduite de plus de 50 minutes. Elle supprime la barrière-repas de 14 heures, qui l’obligeait à stopper les horaires du matin. Désormais, des services commencent à 9 heures et finissent vers 16 heures ou 17 heures. Et surtout, il y a beaucoup de services en deux parties pendant la semaine, comme 5 h 30-9 h puis 12 h-16 h, ou commençant vers 11 heures et finissant vers 21 h 30. Elle supprime la prime de 12 euros net qui était versée sur ces services, ainsi que d’autres compensations, par exemple sur les retards en fin de journée. Pour les services Noctilien de nuit, elle veut même faire ressortir les conducteurs à leur fin de service pour un tour sur une autre ligne, afin de leur faire faire le nouveau temps journalier. Enfin, la direction prend prétexte de l’absence d’accord avec les syndicats pour ne pas verser la « compensation financière » qu’elle estimait équivalente à un 14e mois.

Tout cela, alors que les conducteurs reçoivent chez eux un courrier leur indiquant que leur dépôt de bus fait partie du lot mis en appel d’offres en vue de la filialisation, qui se traduira par des attaques supplémentaires sur la retraite, les salaires et à nouveau les repos et horaires de travail.

Deux syndicats ont attaqué cette décision unilatérale en justice. Le jugement doit être rendu le 31 août. En tout cas, toutes ces attaques choquent les conducteurs et les démissions se multiplient. Le sentiment d’être méprisé est général. L’idée de se mettre en grève en septembre se discute facilement.

Pour s’opposer aux attaques du patronat du transport, c’est bien la colère et la mobilisation des conducteurs de bus qui est nécessaire, qui pourrait entraîner les autres secteurs de la RATP et les travailleurs de Transdev ou Keolis, tout aussi attaqués.

Correspondant LO