Ukraine : Amnesty rappelée à l’ordre

10 Août 2022

L’ONG Amnesty International a été contrainte de présenter des excuses après la publication d’un rapport, jeudi 4 août, qui accusait les autorités ukrainiennes d’avoir mis en danger la vie de civils en les exposant aux bombardements russes.

Dans un souci d’impartialité, après de multiples enquêtes dénonçant les crimes de guerre des forces russes en Ukraine, qui lui ont valu la fermeture de son bureau à Moscou au mois d’avril, l’ONG a regardé du côté des forces ukrainiennes. Le rapport documente dix-neuf cas de troupes ukrainiennes déployées au sein ou à proximité de zones résidentielles. Amnesty s’est alors attiré les foudres, non seulement du président ukrainien Zelensky, mais aussi de ses alliés et des médias internationaux qui l’ont accusé de faire le jeu de Poutine. La directrice d’Amnesty en Ukraine a démissionné, tandis que, bien entendu, la propagande russe citait le rapport pour critiquer les autorités ukrainiennes.

La secrétaire générale d’Amnesty a fini par présenter des excuses pour la « douleur causée », tout en maintenant pleinement ses conclusions et en rappelant que celles-ci n’exonéraient en rien les responsabilités des forces russes.

Alors que les dirigeants des grandes puissances occidentales présentent la guerre en Ukraine comme celle de la démocratie et du droit contre la dictature, ce rapport montre une autre réalité. Celle de deux gouvernements, russe et ukrainien, dont les armées partagent le même mépris pour leur population.

P. M.