Sécheresse : une catastrophe annoncée

10 Août 2022

La sécheresse qui se prolonge a des conséquences de plus en plus graves : incendies, pénuries d’eau potable, restrictions et promesse d’une nouvelle flambée de prix agricoles à la rentrée.

Les récoltes de blé ou de maïs, comme la production laitière, diminueront, et le bétail risque de manquer de fourrage pour l’hiver.

Face à ces menaces, le gouvernement a constitué une cellule de crise. Des décisions dans l’urgence seront peut-être prises, mais on peut parier qu’elles seront dérisoires, et plus contraignantes pour les travailleurs ou les petits agriculteurs que pour les grands industriels ou les gros céréaliers.

Des solutions techniques sont proposées par les spécialistes pour limiter la catastrophe : moderniser la distribution de l’eau en réduisant les 20 % qui se perdent dans les circuits, développer le recyclage, stocker l’eau en profondeur pour limiter l’évaporation. Il serait aussi nécessaire de modifier les pratiques agricoles pour limiter l’irrigation ou l’arrosage intensif.

Au-delà des problèmes techniques, cela pose le problème de l’organisation capitaliste de l’économie. La terre a soif, mais les capitaux investis dans sa culture sont encore plus assoiffés de profit, et c’est en définitive ce qui compte le plus dans les décisions.

D’après les experts, la sécheresse actuelle sur l’ouest de l’Europe, qui dure en fait depuis quatre ans, est la plus grave dans la région depuis 250 ans au moins. Dans l’Ouest américain, et surtout dans bien des pays pauvres, la situation est encore pire. Cela fait trente ans que les climatologues ont annoncé cette aggravation des sécheresses comme une des conséquences à venir du réchauffement climatique. Rien n’a été fait depuis pour en prévenir les conséquences, sinon des discours.

Ni le réchauffement climatique ni ces catastrophes ne sont une fatalité. Ils rendent urgente une réorganisation radicale de l’économie à l’échelle du monde pour gérer rationnellement les ressources de la planète, y compris l’utilisation de l’eau, et préserver les conditions de vie des générations futures. Autant de choses dont une économie gouvernée par les lois du marché est incapable et qui exigeraient qu’elle soit mise sous le contrôle des travailleurs.

Serge FAUVEAU