MBS à l’Élysée : un boucher fréquentable

03 Août 2022

Mohammed Ben Salman, dit MBS, prince héritier et homme fort de la dictature d’Arabie saoudite, a été reçu en grande pompe à l’Élysée par Emmanuel Macron. Il y a quinze jours, Joe Biden l’avait également rencontré à Djedda.

Il s’agit d’un changement superficiel dans les relations des gouvernants prétendument démocratiques et celui d’Arabie saoudite. Même si, depuis qu’il avait commandité en 2018 l’assassinat et le démembrement de Jamal Khashoggi, un journaliste du Washington Post critique du pouvoir, les dirigeants occidentaux rechignaient jusque-là à s’afficher trop ouvertement avec MBS.

Mais, derrière la façade de cette comédie diplomatique, l’Arabie saoudite est un État inféodé aux puissances impérialistes depuis sa création en 1932. Les compagnies pétrolières américaines ont pu bénéficier des réserves considérables d’hydrocarbures du pays. Armés jusqu’aux dents par les États-Unis et les pays capitalistes européens, le régime saoudien joue un rôle de gendarme au Moyen-Orient en y défendant les intérêts de ses donneurs d’ordres. Il exerce aussi une dictature moyenâgeuse sur sa propre population.

Rencontres au sommet ou non, les relations avec l’Arabie saoudite n’avaient jamais cessé. En 2020, c’était ainsi le premier client des marchands d’armes français, avec 703 millions d’euros de commandes. Alors que les dirigeants français savent pertinemment qu’elles servent à mener la guerre au Yemen, qui a fait plus de 400 000 morts depuis 2015.

La guerre en Ukraine, les problèmes d’approvisionnement en pétrole et en gaz ainsi que les changements géopolitiques qu’elle entraîne ont eu raison des réticences des dirigeants impérialistes vis-à-vis de MBS. Et c’est tout naturellement que MBS a donc pu finalement venir grossir la longue liste des dictateurs « amis de la France » reçus avec les honneurs à l’Élysée dans l’intérêt des capitalistes français.

Nicolas MANNE