Inflation : une arme pour appauvrir les plus pauvres

03 Août 2022

Depuis des mois, les travailleurs constatent que les prix flambent et que cela se traduit par une réduction violente de leur pouvoir d’achat. Ce sont 100, 150, 200 euros par mois qui disparaissent ainsi dans la valse des étiquettes de prix.

Mais ces centaines d’euros multipliés par des millions de foyers ne s’envolent pas en fumée.

Les annonces des bénéfices record des grandes entreprises pour les six premiers mois de l’année montrent à qui profite cette inflation si douloureuse pour les familles populaires. Certes, les profits des groupes du luxe, s’ils proviennent bien de l’exploitation des travailleurs, ne résultent pas de leurs achats. Mais c’est le cas en revanche pour Total, Carrefour, Engie, entre autres. Les dizaines de milliards de bénéfices que ces entreprises ont ­réalisées en six mois sont à mettre en parallèle avec les pertes subies par les classes populaires. À chaque plein, à chaque caddie, à chaque facture, les hausses de prix servent à enrichir ces capitalistes actionnaires de ces grands groupes… que les mêmes travailleurs ou d’autres font vivre de leur travail. Ces actionnaires richissimes, à la tête de ce système économique, profitent ainsi de la main gauche comme de la main droite.

En juillet, ce sont les prix des produits pharmaceutiques comme les couches pour bébés, le lait infantile, les suppositoires qui se sont aussi mis à augmenter fortement. Et là encore le constat est sans appel. Les produits vendus par de grands groupes, ceux des « Big Pharma » en particulier, sont ceux qui augmentent le plus.

Dans ce contexte, les explications sur la guerre en Ukraine ou la sécheresse ne trompent que ceux qui le veulent bien. Les prix flambent principalement du fait de la spéculation et ensuite parce que chaque capitaliste cherche à répercuter les hausses de prix qu’il subit, ou qu’il risque de subir plus tard, sur ses prix de vente, pour ne surtout pas toucher à ses marges. Au bout du compte, les seuls qui ne peuvent répercuter ce vol sur personne et le subissent de plein fouet sont les travailleurs.

Pourtant, bien des commentateurs économiques tentent encore d’expliquer qu’une hausse générale des salaires serait catastrophique car elle alimenterait la « spirale de l’inflation ». Pourtant, chacun peut constater que les prix augmentent sans que les salaires bougent. Mais ces arguments servent à détourner les travailleurs de la défense de leurs propres intérêts.

Il en est de même des politiciens du RN, qui se targuent de défendre le pouvoir d’achat mais toujours en réclamant des gestes de l’État, jamais en mettant en cause les capitalistes et leurs profits gigantesques. Faire croire que les hausses de prix et le pouvoir d’achat ne dépendent que du gouvernement est une façon de protéger les capitalistes. C’est une façon aussi de tromper les travailleurs.

Pour acquérir la compréhension des mécanismes d’un système économique basé sur l’exploitation de la classe ouvrière, pour que celle-ci acquière vraiment « la science de son malheur », il faut des militants, des travailleurs conscients, un parti qui, loin de chercher des postes dans le système, luttent au contraire pour le renverser.

Marion AJAR