Distribution de l’eau : gestion capitaliste et gaspilleuse

03 Août 2022

En raison de la sécheresse et d’un nouvel épisode de canicule, la plupart des départements ont été placés en alerte maximale début août. Des arrêtés préfectoraux réglementent la limitation de l’utilisation de l’eau du robinet, voire des interdictions.

Ainsi, les prélèvements « non prioritaires », comme l’arrosage des jardins ou le lavage des voitures, ont été suspendus dans la quasi-totalité des départements. De nombreuses campagnes accompagnent ces mesures, comme celle de la communauté d’agglomération du Cotentin qui affiche les slogans : « Arroser sa voiture ne la fera pas grandir » ou « Ne prenez pas la fuite, réparez-la ! ». Le lavage de la voiture dans les départements en crise est passible d’une amende de 1 500 euros.

La principale source du gaspillage de l’eau n’est pourtant pas le fait des particuliers. En raison du vieillissement des réseaux d’eau potable, 20 % de l’eau distribuée est perdue du fait des multiples fuites qui affectent les 900 000 km de canalisations souterraines. Un milliard de mètres cubes d’eau potable, soit l’équivalent de la consommation de 18,5 millions d’habitants, disparaît ainsi chaque année.

Les responsables de cette gabegie sont les multinationales, Veolia, Suez et la SAUR, qui se partagent depuis des décennies le marché de l’eau et ont empoché des rentes colossales sans réaliser les travaux de renouvellement indispensables. Aujourd’hui, elles s’en remettent aux finances publiques pour pallier leurs défaillances.

Actuellement, le taux de renouvellement des canalisations est de 0,61 % par an pour l’eau potable et de 0,45 % pour le réseau d’assainissement, qu’elles dominent aussi. Il faudrait donc plus de 150 ans pour renouveler un réseau aujourd’hui hors d’âge avec un montant de travaux estimé à 200 milliards d’euros. Mais les grandes compagnies s’en lavent les mains.

Christian BERNAC