Céréales et guerre en Ukraine : la spéculation internationale fait son blé

03 Août 2022

Il a suffi qu’un navire céréalier quitte le port ukrainien d’Odessa le 1er août pour que, sans même que l’on sache s’il allait pouvoir livrer sans encombre sa cargaison au Liban, les cours du blé chutent à la Bourse mondiale des productions agricoles de Chicago. Un recul immédiat de 1 % qui s’est amplifié dans les heures qui ont suivi.

Sans doute, ce vraquier ne transportait que 26 000 tonnes de céréales, un chiffre dérisoire au regard des 20 à 25 millions de tonnes stockées en Ukraine. Mais, alors que les autorités annonçaient que seize autres navires chargés s’apprêtaient à appareiller, la nouvelle, qui a fait le tour du monde, a modifié quelque peu la donne sur le front de la spéculation sur les céréales.

Celle-ci a débuté avant que la guerre n’embrase l’Ukraine. Mais depuis plus de cinq mois que dure ce conflit, elle a servi d’argument, repris par les gouvernements et les médias, pour justifier aux yeux de l’opinion ce hold-up mondial.

La reprise des exportations de blé, ukrainien mais aussi russe, prévue par l’accord d’Istanbul signé par la Russie et l’Ukraine sous l’égide de la Turquie et de l’ONU, sera-t-elle durable ? Personne n’en sait rien. Car, même si les belligérants y trouvent pour l’instant un intérêt économique et diplomatique, leurs objectifs militaires peuvent le remettre en question.

Gageons que, d’ici là, les spéculateurs internationaux – qui ont partie liée avec des puissances impérialistes comme la France et les États-Unis, principaux exportateurs mondiaux de céréales au côté de la Russie et de l’Ukraine – trouveront d’autres « arguments » pour justifier leur racket…

P. L.