APL : petite hausse, grand écran de fumée

03 Août 2022

Le 1er août, dans le cadre de la loi sur le pouvoir d’achat, les aides personnalisées au logement (APL), ont été revalorisées de 3,5 %, avec effet rétroactif au 1er juillet.

Début juin, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait précisé qu’il s’agissait de protéger ceux qui sont le plus en difficulté mais de façon « temporaire parce que le pic de l’inflation est temporaire ». Les allocataires sont prévenus : la précarité de leur situation va durer. Et la hausse des prix court plus vite que celle de leur allocation.

La revalorisation ne rattrapera pas tous les mauvais coups portés aux APL. À la baisse de cinq euros dès le début du premier quinquennat Macron, à l’absence de réévaluations régulières – sauf un ridicule 0,4 % en octobre 2021 –, s’ajoute surtout le nouveau calcul du montant des APL qui a permis au gouvernement d’économiser un peu plus d’un milliard d’euros aux dépens des plus modestes.

En effet, la réévaluation automatique, tous les trois mois, sur la base des revenus des douze mois précédents, a fait plus de perdants que de gagnants. Selon un rapport du Sénat fin 2021, près de 30 % des allocataires ont perdu 73 euros en moyenne, 400 000 ont perdu leurs droits, 52 % ont vu leur situation inchangée.

Les quelques euros, voire dizaines d’euros, de revalorisation ne dissimuleront pas que la « très grande attention » du gouvernement aux difficultés des allocataires, comme l’a dit Le Maire, est une vaste fumisterie.

Sylvie MARÉCHAL