Transdev – Seine-et-Marne : face à la colère, les représailles de la direction

27 Juillet 2022

Au dépôt Transdev de Vaux-le-Pénil, situé sur l’agglomération de Melun, c’est le chaos dans l’organisation du travail.

Les feuilles de paye sont pleines d’erreurs et les horaires de travail sont en deux parties, sur des amplitudes qui atteignent 13 h 30, le tout accompagné des pressions de la direction. Le nombre de travailleurs en dépression ou en instance de divorce à cause des horaires a augmenté.

Il y a un an, tous les conducteurs de bus avaient fait grève durant sept semaines, avec d’autres dépôts des environs comme ceux de Vulaines et Lieusaint-Cesson. La grève avait gagné d’autres sites de Transdev en région parisienne. Les grévistes avaient interpellé Valérie Pécresse durant son meeting de campagne local. Face à l’ampleur du mouvement, la direction avait été contrainte à des reculs partiels, mais depuis elle revient en arrière et surtout essaye de reprendre la main. En prononçant le licenciement d’un contrôleur qui a été actif dans la grève, elle vient de franchir un nouveau cap dans sa volonté de représailles envers les grévistes. Lors de la grève, lui, ses camarades avaient pu empêcher leur transfert dans une filiale, et sont restés affectés au dépôt de bus.

Suite à un contrôle positif à un test salivaire au THC, qui est un composant du cannabis, ce contrôleur est accusé de consommation de drogues. Il a pourtant transmis à la direction une attestation de son médecin concernant les médicaments de son traitement, contenant des substances qui déclenchent le test, et a le jour même eu une prise de sang négative. C’est évidemment de la part de la direction une machination pour se débarrasser d’un travailleur qui ne baisse pas la tête devant les patrons et s’oppose à leurs plans.

Parallèlement, les usagers en ont assez des bus en nombre insuffisant à cause du manque d’effectifs. Les tensions sont importantes et les conducteurs de bus se retrouvent pris à partie du fait de cette exaspération. Tout cela vient après le passage du dépôt à de nouvelles conditions de travail prétextées par l’ouverture à la concurrence. Un calcul des heures supplémentaires et primes a aussi été revu à la baisse.

Pour Transdev, cette ouverture à la concurrence est une opportunité pour revoir les horaires, primes, rémunérations à la baisse. Les mêmes attaques ont lieu dans les dépôts de Keolis et de la RATP, dont le passage en lots mis en appel d’offres est échelonné sur plusieurs années.

À Vaux-le-Pénil, la grève est évoquée pour le 1er septembre, voire avant. La détermination des travailleurs pourrait entraîner encore plus de conducteurs de bus de la région parisienne, tous confrontés aux mêmes attaques.

Correspondant LO