Jeux Olympiques : “Ouvrons grand les escarcelles !”

27 Juillet 2022

Deux ans tout juste avant l’ouverture des jeux Olympiques à Paris, rien n’est finalisé et les chantiers pour les installations sportives et les logements sont en cours, mais le slogan du comité d’organisation est déjà trouvé : « Ouvrons grand les Jeux ! »

Même si Macron, de son côté, a tenu à affirmer que « les Jeux doivent financer les Jeux », d’autres sons de cloche se font entendre et les exemples du passé laissent la porte ouverte à toutes les craintes sur qui devra payer l’addition.

Sur le chantier de construction du Village olympique de Saint-Denis, les responsables ont déjà indiqué que le budget ne serait pas respecté. Calculé à l’origine sur la base d’une inflation à 2 %, celle-ci se monte à 11 % dans le secteur du bâtiment. Et qui va devoir compenser cette augmentation ? L’État et les collectivités locales, c’est-à-dire la population à travers des hausses d’impôts ou de taxes.

Par ailleurs, le coût annoncé est toujours inférieur au coût réel, ne serait-ce que par la façon dont s’opère la sélection. C’est le CIO qui choisit quelle ville accueillera les prochains Jeux et, pour avoir des chances d’être élue, c’est à laquelle proposera un maximum de tape-à-l’œil pour un minimum de coût, qu’il est impossible de tenir. Ainsi, pour les Jeux d’Athènes en 2004, le dossier prévoyait 5,3 milliards d’euros de dépenses ; elles se se sont élevées à l’arrivée à 11,1 milliards, soit un dépassement de 109 %. Pour Londres en 2012, entre un projet évalué à 4,8 milliards d’euros et des dépenses finales de 10,9 milliards, celui-ci a été de 127 %. Le vainqueur de cette compétition, si l’on peut dire, fut Pékin, où entre les chiffres du départ et ceux de l’arrivée, le dépassement a fait le grand écart avec 1 130 % ! Il n’y a rien d’étonnant, dans ces conditions, que de nombreuses villes déclarent forfait afin de ne pas organiser les Jeux. Et d’autres, comme Athènes ou Pékin, se sont endettées pendant des années pour construire des infrastructures inutilisées et qui tombent en ruine.

Heureusement qu’à Paris le grand mage Macron a certifié qu’il n’y aurait pas de dérives des coûts !

Marianne LAMIRAL