Centre Ibis – Bagnolet : en grève pour les salaires et la régularisation

27 Juillet 2022

Depuis l’épidémie de Covid, l’hôtel Ibis de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, a été transformé en centre d’hébergement social. L’État a contractualisé la gestion du centre à l’association Coallia, géant de ce secteur, qui sous-traite la gestion des repas de plus de 400 résidents à Gaba Global Service.

Les agents employés par Gaba, dont beaucoup sont sans papiers, ne sont pas payés depuis cinq mois et, mercredi 20 juillet, sept d’entre eux se sont mis en grève, rejoints ensuite par d’autres. Ils ont le soutien des autres travailleurs du site et des résidents, qui viennent eux aussi souvent de loin dans le monde. Depuis le démarrage du centre, les paies des agents sont incomplètes, versées en retard, les congés et les jours fériés ignorés, les plannings peuvent enchaîner deux équipes d’affilée. Les agents ont compté les heures non payées et ce sont des milliers qui manquent.

La grève change les choses et met publiquement Coallia (dont le dirigeant Jean-François Carenco vient d’être nommé ministre des Outre-mer) face à une situation qu’elle connaît pourtant depuis longtemps. Une des responsables est passée il y a plusieurs semaines sur le site et avait conseillé aux agents de prendre les plateaux repas des résidents pour manger, de chercher un avocat... et du travail ailleurs. Les deux entreprises se renvoient la balle, alors que les deux sont responsables : Gaba a profité de la situation administrative des agents, mais c’est bien Coallia qui ne paie pas.

Les agents ont besoin d’un salaire au complet pour vivre, qu’ils aient des papiers ou non, qu’ils soient sous-traitants ou non. Pour leur paie comme pour leur régularisation, la grève est le seul moyen de se faire entendre.

Correspondant LO