Birmanie : la junte militaire exécute quatre opposants

27 Juillet 2022

La junte militaire au pouvoir en Birmanie vient d’exécuter quatre opposants à la dictature qu’elle impose au pays.

Parmi les victimes, il y a Phyo Zeya Thaw, ancien député de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, et Kyaw Min Yu, qui avait pris part au soulèvement qui avait tenté de renverser la junte en 1988, et passé de longues années en prison. Les deux autres étaient accusés d’avoir tué une informatrice des militaires.

La LND et Aung San Suu Kyi, au poste de Première ministre, avaient formellement dirigé le pays de 2016 à 2021, date à laquelle la junte a décidé de balayer cette façade démocratique car chaque élection révélait un peu plus son impopularité. Depuis, la répression s’est soldée par 1 500 morts, 9 000 arrestations arbitraires et des centaines de milliers de personnes déplacées. Actuellement, 69 autres personnes condamnées depuis le putsch de 2021 sont menacées d’être exécutées.

En relançant l’application de la peine de mort, l’armée entend afficher sa fermeté. Après le putsch, elle a dû faire face dans la rue à l’opposition déterminée d’une large partie de la population que ses tirs meurtriers ne décourageaient pas de manifester. Depuis, elle est confrontée à plusieurs rébellions armées, mobilisant plusieurs ethnies mais aussi de nombreux jeunes. Dans les zones où la rébellion est forte, la junte bombarde les populations.

Alors que la junte agit ainsi par la terreur, les condamnations que lui adressent les gouvernements impérialistes sont écœurantes d’hypocrisie. Les grandes puissances ont longtemps entretenu d’excellentes relations avec la junte, car la Birmanie regorge de richesses naturelles, propose une main-d’œuvre bon marché et attirait les capitalistes. Ainsi, le groupe Total y a exploité du pétrole et du gaz pendant trente ans, profitant du travail forcé imposé par la junte dans des zones militarisées. Ce n’est qu’en janvier dernier que Total a fait mine de découvrir les exactions du régime militaire et annoncé son désengagement qui, à ce jour, n’est pas effectif et sans qu’on sache les conséquences qu’il peut avoir pour ses employés locaux.

Comme bien d’autres pays dits émergents, la Birmanie est mise en coupe réglée par les puissances impérialistes. Pour cela, les dictatures à la façon birmane leur sont un auxiliaire indispensable.

Julien Bisson