RATP : salaires et syndicalisme animalier

20 Juillet 2022

Après l’annonce par le gouvernement des minuscules 3,5 % d’augmentation dans la fonction publique, la RATP a rouvert une négociation sur les salaires à la demande des syndicats, dont la plupart avaient entériné sans trop broncher le minable 0,4 % accordé en début d’année, après une journée de grève pourtant réussie.

Cette fois-ci, la direction est arrivée avec une proposition à 1,8 %, devenue 2,2 % au bout de la négociation, avec une prime exceptionnelle de 300 euros pour les plus bas salaires, et 200 euros pour d’autres. Comme d’habitude, la direction y ajoute les augmentations de salaire individuelles liées à l’ancienneté, autour de 60 euros. Mais seulement un petit nombre en bénéficie, tous les quatre ans en moyenne. Elle fait ainsi gonfler le chiffre global de l’augmentation salariale annoncée.

On est là très loin de compenser l’inflation. Et comme d’habitude la direction a exercé son chantage à la signature : si des syndicats représentant plus de la moitié des salariés signent, c’est 2,2 %, sinon 1,8 %. Deux syndicats ont signé, l’UNSA et la CFE-CGC, qui ont même écrit à la direction pour lui demander de faire comme si les 50 % étaient atteints, ce qu’elle a accepté. Le dirigeant de l’UNSA RATP a justifié ce choix dans une vidéo qu’il termine par une allégorie : « Les oiseaux qui ne mangent que des miettes survivent dans la jungle, alors que le lion qui ne prend que de grosses parts souvent meurt de faim. » Les travailleurs moineaux doivent donc selon lui se contenter de miettes.

Pourtant, entre la vie des animaux et celle des travailleurs, la différence est que les animaux mangent ce qu’ils trouvent, alors que les travailleurs produisent des richesses et pas seulement des miettes. Quant à avoir la part du lion, ils devront se battre pour l’obtenir.

Correspondant LO