Planète en flammes : les États regardent ailleurs

20 Juillet 2022

L’incendie géant dans les Landes n’est ni une surprise ni une particularité locale. Les années passées ont vu de tels embrasements catastrophiques aux États-Unis, en Sibérie, au Canada, au Portugal, en Espagne, dans les pays du Maghreb et dans ceux de l’hémisphère sud.

Il s’agit manifestement d’une des conséquences du réchauffement climatique. Sans même discuter de ce phénomène, de ses causes et des moyens d’y faire face, la lutte contre la survenue de tels incendies aurait dû aller de soi. Pourtant les États n’ont rien anticipé. Loin de mettre les moyens nécessaires pour aménager les régions menacées, les autorités ont partout réduit les effectifs et les dotations des services spécialisés. En France, par exemple, les travailleurs de l’ONF, chargés d’entretenir les forêts domaniales, ont protesté régulièrement contre les suppressions de postes. Les pompiers, professionnels comme volontaires, ont eux aussi, à de nombreuses reprises, dénoncé la réduction de leurs moyens humains et matériels. Aux États-Unis, rien n’a été fait pour rénover les lignes à haute tension, vétustes et appartenant à des groupes privés, souvent à l’origine des feux qui ravagent la Californie. Les pays pauvres affrontent à mains nues les incendies comme toutes les autres catastrophes. L’Australie est ravagée chaque année par des incendies géants, mais le public est seulement invité à se désoler sur le sort de la faune sauvage, pas à s’interroger sur les raisons d’une telle répétition, ni sur l’impuissance de l’État.

Le parallèle avec la gestion de l’épidémie de Covid est frappant : les autorités, malgré les multiples avertissements, n’ont rien voulu prévoir, rien voulu préparer. Elles ont au contraire saboté les services utiles à la population en coupant dans leurs budgets. L’épidémie et les incendies venus, les États s’en remettent au courage et au dévouement des travailleurs, soignants ou pompiers, et de la population venue spontanément offrir ses services. Puis les ministres ont le culot de venir distribuer des félicitations et les présidents se rendent sur les lieux des sinistres pour offrir quelques dragées consolatoires.

Les mêmes, en revanche, déploient tous les moyens étatiques et toutes les ressources de la technique pour augmenter les crédits militaires, fabriquer et fournir sans délai des engins de mort, assurer en continu l’arrivée des profits dans les coffres des capitalistes, par la guerre s’il le faut et en y consacrant les moyens retirés aux besoins sociaux. L’irresponsabilité criminelle des États vis-à-vis des populations est le pendant de leur dévouement total à la classe dominante.

Paul GALOIS