Hôpital : les mandarins ne sont pas morts !

12 Juillet 2022

Le nouveau ministre de la Santé, François Braun, vient de décider que les 41 mesures de la « mission flash » seront applicables dès le 1er juillet pour, dit-il, permettre aux hôpitaux de fonctionner cet été.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même, puisque c’est à lui que Macron avait confié le soin de cette « mission flash », plutôt « mission splash » car aucune mesure d’embauche n’est prise. Braun préconise simplement de réguler l’accès aux Urgences en passant d’abord par le Samu et d’augmenter temporairement les salaires du personnel de nuit. Pour Braun, comme pour Macron et Véran avant lui, il n’y a aucun problème de moyens, c’est juste qu’on les utilise mal.

Pour soutenir ce discours, le Figaro Magazine a publié le 1er juillet une interview du professeur Peyromaure, chef de service en urologie à l’hôpital Cochin de Paris, pour qui « à l’hôpital il y a beaucoup plus de tire-au-flanc qu’avant » . Dans les entretiens d’embauche des infirmières, aides-soignantes ou secrétaires, on ne poserait selon lui que des questions sur l’heure à laquelle on rentre chez soi, le choix des vacances ou encore le droit à toutes les vacances la première année. Les internes ne sont pas mieux traités par ce grand patron, pour qui limiter leur travail à 48 heures par semaine reviendrait à ne travailler que trois jours et une nuit par semaine dans le service ! Enfin il enfonce le clou en affirmant que « certains brancardiers ne brancarderaient qu’un patient par jour ».

Le personnel du service d’urologie de Cochin et, au-delà, de tous les hôpitaux apprécieront les déclarations de ce mandarin qui, bien sûr, lui, n’est pas un tire-au-flanc mais en tient une sacrée couche !

Cédric DUVAL