Chèque alimentaire : une mesurette de plus

12 Juillet 2022

Dans son paquet de mesures sur le pouvoir d’achat, le gouvernement a annoncé une aide alimentaire exceptionnelle : 100 euros par foyer et 50 euros supplémentaires par enfant à charge. Elle serait versée en septembre et ne concernerait que les bénéficiaires des minima sociaux, de l’aide au logement et les étudiants boursiers.

Avec les augmentations de prix, c’est devenu quasiment mission impossible de remplir le réfrigérateur pour nourrir une famille ouvrière. Les prix alimentaires flambent : +15 % pour les pâtes ; +11 % pour les viandes surgelées et les farines, +10 % pour les huiles et les moutardes. Le surcoût a été estimé à plus de 200 euros sur un an.

Alors, on est loin du compte avec ces 100 euros, une aumône qui ne résoudra rien. Tout juste soulagera-t-elle ponctuellement ceux qui y auront accès, mais après ? Une bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH) témoignait dans un reportage : « Ce n’est pas 100 euros une fois, c’est 100 euros tous les mois qu’il faudrait ! » et encore... Un député macroniste lui même évoquait il y a quelques mois la nécessité d’une aide mensuelle de 50 à 60 euros.

Des miettes d’argent public sont censées permettre à la fraction la plus pauvre du monde du travail d’accéder à un minimum de nourriture, mais il n’est jamais question de toucher aux sacro-saints profits patronaux, en particulier ceux des géants de l’agro-alimentaire et de la grande distribution.

Thomas Rolin