RN : dans le système, comme les autres

06 Juillet 2022

Pendant une semaine, le Rassemblement national a pris toute sa place, à l’instar des autres partis, dans les tractations et mini-drames qui se jouaient autour des postes à pourvoir de la nouvelle Assemblée.

Le RN s’est tout naturellement jeté dans ces « querelles de places et de partis » pour « devenir un parti de gouvernement », comme le dit le député RN Kévin Maurieux dans Le Monde du 2 juillet.

Le parcours d’un Sébastien Chenu illustre bien l’intégration du RN au milieu politicien et ses liens avec la droite traditionnelle. Ayant commencé sa carrière à l’UMP, ­Chenu a enchaîné les postes de conseiller municipal, conseiller général du Val-d’Oise, assistant parlementaire d’un député UMP, avant d’être promu chef-­adjoint du cabinet ministériel de Christine Lagarde sous Chirac. Avec le RN, il a poursuivi sa carrière sur la même lancée. Élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais-­Picardie en 2015, puis député du Nord en 2017, et enfin conseiller municipal à Denain en 2020. Au terme des tractations menées dans les coulisses entre le RN et LR, il vient donc d’accéder au poste de vice-président de l’Assemblée nationale.

Le RN aspire au rôle de gestionnaire des affaires de la bourgeoisie dans toutes les commissions, postes et autres institutions parlementaires auxquelles il peut désormais prétendre, selon les us et coutumes habituels.

L’époque où le RN prétendait se donner l’image d’un parti « antisystème » paraît bien lointaine. Reste la réalité des petits arrangements auxquels se livre actuellement le RN comme tous les autres partis aspirant à gérer les affaires de la bourgeoisie.

Marlène Stanis