Stellantis : Tavares veut fermer l’usine de Douvrin

29 Juin 2022

Après les manifestations d’avril et de mai 2021 contre la fermeture annoncée du site de production de moteurs et le transfert d’un moteur hybride en Hongrie, le PDG du groupe, Carlos Tavares, avait annoncé que le moteur 3 cylindres EB serait maintenu dans sa prochaine version (Gen 3) à l’usine de Douvrin, l’ex-Française de Mécanique.

À l’approche des congés, la direction vient de donner un nouveau coup de poignard dans le dos des salariés. Ce moteur EB Gen3 ne sera finalement pas produit sur le site de Douvrin mais continuera à l’être dans d’autres usines du groupe. C’était un mensonge de plus de la part de Tavares et beaucoup sont écœurés, même si beaucoup avaient bien compris dès le départ que c’était une fausse promesse. Alors que les chefs répétaient tous en chœur qu’il y aurait du travail jusqu’en 2028 voire plus ! Il est clair que, pour augmenter ses marges bénéficiaires à deux chiffres, Tavares veut précipiter la fermeture d’ici fin 2024.

Il reste à Douvrin 1 500 salariés, dont 250 contrats précaires en intérim ou en contrat Pro, sans compter quelques centaines de sous-traitants travaillant régulièrement pour le site, comme le nettoyage, le gardiennage, etc. Ce nombre représente une force, même si quelques dizaines espèrent surtout partir en congé senior.

La direction, elle, cherche à contenir le mécontentement en laissant toujours planer le doute et l’espoir d’un reclassement possible dans la future usine de batteries ACC, avec une prime à la clé. Mais au final 400 personnes, au grand maximum, seront reclassées, ce qui veut dire que beaucoup ne mettront pas les pieds dans cette usine. Actuellement, les nombreux jours de chômage partiel imposé rendent les discussions compliquées quant à l’avenir, aux emplois et aux futurs salaires. Mais l’inquiétude est générale.

Stellantis a annoncé 13,4 milliards de bénéfices en 2021. Le groupe a largement de quoi garantir un emploi et un salaire intégral à tous. Mais il faudra pour cela une forte mobilisation pour obliger Tavares à prendre sur ses profits.

Correspondant LO