La crainte de l’inflation... de luttes sociales

29 Juin 2022

La proposition de loi sur le pouvoir d’achat est censée protéger les Français et atténuer les conséquences de l’inflation. On y trouve pêle-mêle une hausse des prestations sociales de 4% au 1er juillet ; une revalorisation de 4% des pensions de retraite.

On trouve aussi dans le projet une augmentation de 3,5% de l’APL et un « bouclier » loyer ; une augmentation du plafond de la prime dite Macron ; ou encore un chèque alimentaire de 100 euros à quoi s’ajouteraient 50 euros par enfant pour les ménages modestes, et enfin une revalorisation de 3,5% du point d’indice des fonctionnaires.

Avec une inflation attendue entre 6,5 et 7% par an en septembre, les classes populaires, habituées à compter, savent que ces mesures, même si elles entrent réellement en application, n’empêcheront pas la chute brutale de leur pouvoir d’achat. Augmenter de 4% les pensions de retraite ne sortira pas de la misère les retraités qui vivent avec 600, 700, 800 euros. Le chèque alimentaire ne permettra pas aux travailleurs qui gagnent le smic de faire face à une augmentation des prix des produits alimentaires bien supérieure à l’inflation. Le prix de l’huile de tournesol, pour ne donner que cet exemple, a doublé en moins d’un an.

Quant à la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, elle a été présentée comme très significative, mais ne fera pas oublier aux salariés concernés qu’il était bloqué depuis douze années, durant lesquelles ils ont beaucoup perdu. Sans surprise, aucune de ces mesures ne touche aux milliards de profits réalisés par les grands groupes capitalistes, comme Total simplement « invité » par Bruno Lemaire à ne pas trop augmenter ses prix.

« Pouvoir d’achat : la recette du gouvernement pour éviter le retour de la colère sociale » titrait le journal patronal La Tribune du 27 juin. L’explosion sociale est effectivement ce que craignent les Borne, Macron et autres défenseurs des intérêts du grand patronat. Leur objectif est bien de tenter de la prévenir en se disant à l’écoute et en annonçant quelques mesurettes. Alors que les conséquences de la crise sont déjà catastrophiques pour les classes populaires, ce barrage pourrait s’avérer bien fragile.

Aline RETESSE