Hôpitaux de Bordeaux : “On va au crash”

29 Juin 2022

Le CHU de Bordeaux, comptant 14 000 salariés au total, craque de partout. D’après les syndicats, il manquerait au bas mot 500 personnes pour assurer le fonctionnement normal de l’hôpital.

La direction a annoncé la fermeture de 600 lits afin de faire face à la situation particulièrement critique pendant l’été. Elle pousse par ailleurs depuis un moment de plus en plus de salariés à travailler en journées de 12 heures, un rythme éprouvant pour les organismes, mais qui a l’avantage de lui faire économiser 15 % de personnel.

Les soignants du service d’urgences pour adultes de l’hôpital Pellegrin, le principal établissement du CHU, manifestent tous les vendredis depuis des semaines devant le parvis pour dénoncer la surchauffe du service et l’impossibilité pour le personnel d’assurer les soins dans des conditions décentes. Depuis la mi-mai, ce service ne fonctionne plus qu’en mode dégradé : à partir de 17 heures, chaque jour, il ne cesse de recevoir les patients qui se présentent directement, et n’admet plus que les cas répertoriés comme graves amenés par le Samu. Cette situation est appelée à durer : la direction a fait état mi-juin d’un bilan jugé positif de ce fonctionnement pour le service. Mais aucun bilan n’a été tiré de la baisse de qualité dans la prise en charge des patients et victimes d’accidents.

Le 21 juin, l’agence départementale de santé de la Gironde a annoncé devant la presse un « plan de continuité des soins », qui est en fait une nouvelle dégradation des services. Il consiste à répartir le personnel de la quinzaine de services d’urgence du département pour faire face à la pénurie de personnel. Il prévoit aussi la suspension des accouchements en août dans la maternité de Lesparre-Médoc. Les femmes sont priées d’aller accoucher à soixante kilomètres.

Les syndicats CGT, SUD-santé et FO de l’hôpital ont appelé à la grève à partir du 28 juin. Face à ce que la CGT appelle « l’imposture du Ségur » et à la dérisoire augmentation du point d’indice, bien loin de rattraper la baisse de pouvoir d’achat subie depuis des années, ils réclament 300 euros d’augmentation de salaire. Ils expriment un mécontentement ressenti par les travailleurs contre les salaires gelés compensés seulement par des primes aléatoires, contre le manque de recrutement, la fermeture des services et des lits, les rappels incessants sur les jours de repos et les congés.

Correspondant LO