Travail des enfants : l’exploitation n’attend pas

15 Juin 2022

À l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin, l’Organisation internationale du travail, l’OIT, a rappelé que près d’un enfant sur dix est obligé de travailler. En Afrique subsaharienne, il s’agit d’un enfant sur quatre.

Les dernières statistiques datent de 2020 et montrent que depuis 2016 le nombre d’enfants concernés est de nouveau en hausse. La crise économique, la crise sanitaire et les conflits dans différentes zones du monde provoquent une aggravation de la pauvreté, qui pousse les enfants à quitter l’école et à être employés dès 5 ans pour certains, parfois dans des conditions très dangereuses. En République démocratique du Congo, environ 40 000 enfants travaillent dans les mines du sud du Katanga. En Asie du Sud, ce sont 17 millions d’enfants au minimum qui travaillent, dont un cinquième ont moins de 11 ans. Certains, en Inde par exemple, travaillent 20 heures par jour et sont enchaînés à leur métier à tisser. D’autres, au Pakistan, en Afghanistan ou au Népal, se retrouvent aux mains de trafiquants qui les destinent à la prostitution ou l’esclavage. Ces chiffres ne sont que des estimations, mais ils lèvent un voile sur des situations insoutenables.

Ce fléau mondial se développe dans les pays pauvres, mais se retrouve dans les pays riches où il risque aussi de s’accentuer sous le poids de la crise. Au Québec, où il n’y a pas d’âge légal pour commencer à travailler, le manque de main-d’œuvre et les emplois de quelques heures par jour ont augmenté le nombre des mineurs employés dans l’alimentaire ou le commerce. Le nombre d’accidentés du travail parmi ces mineurs est important.

Les organismes tels que l’ONU affichent leurs engagements pour éradiquer le travail des enfants, mais cette journée mondiale n’y changera évidemment rien. Elle n’a aucun poids devant les nécessités, quand enfants et parents sont engagés dans une lutte pour survivre.

Inès Rabah