Retraites : à la sauce Borne, cela ne fait pas le compte

15 Juin 2022

Quelques jours avant le premier tour des élections législatives, la Première ministre Élisabeth Borne a découvert que l’urgence était de « répondre aux inquiétudes des Français sur le pouvoir d’achat».

Un texte sera présenté en Conseil des ministre après le second tour « sous réserve que le gouvernement ait la majorité », a-t-elle tenu à préciser. Autrement dit : votez pour LREM et tout ira bien pour vous !

Borne a quand même fait une promesse, hors chantage, sur une « revalorisation exceptionnelle » des pensions de retraite, en raison de l’inflation. Dès le mois de juillet, les retraites de base, hors complémentaires, seront augmentées de 4 %. Avec la revalorisation de 1,1 % accordée en janvier, les quelque 18 millions de retraités verraient alors leurs revenus s’accroître d’environ 5 %. Ainsi, un retraité touchant une pension de 1 200 euros mensuels percevrait 60 euros supplémentaires.

Cela ne fait quand même pas le compte, vu l’inflation accélérée qui frappe d’autant plus les retraités que leurs revenus sont faibles. Cela sera aussi loin de rattraper la perte du pouvoir d’achat causée par le quasi-gel des pensions de ces dernières années. Déjà en 2020, ceux qui touchaient moins de 2 000 euros mensuels n’avaient eu droit qu’à une revalorisation de 1 %, mais les autres de seulement 0,3 %. En 2021, la hausse des pensions s’était limitée à 0,4 %. Qui, sinon un politicien menteur, pourrait dire que les prix n’ont pas augmenté ces deux dernières années, entre l’essence, les loyers, les produits alimentaires ou ceux de première nécessité ?

Alors oui, comme pour les salaires et les allocations, c’est au moins 2 000 euros minimum qu’il faudra imposer pour les retraites, et non quelques petits pour-cents lâchés au bon plaisir des gouvernants.

Marianne LAMIRAL