Lear – Jarny : succès de la grève

15 Juin 2022

La petite centaine de travailleurs de l’usine de sièges automobiles Lear de Jarny, en Meurthe-et-Moselle, qui a comme unique client l’usine de Renault Sovab, se sont mis en grève mardi 7 juin.

Les travailleurs revendiquaient 100 euros net d’augmentation par mois dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). Ils ont d’abord débrayé deux heures par équipe (3X8) puis se sont mis en grève totale mercredi 8 juin. Fournissant les sièges du Master, produit à l’usine Renault-Sovab toute proche, ils ont eu vite fait de paralyser celle-ci. Elle a été contrainte de fermer le soir à 21 heures après avoir remplacé les sièges conducteur manquants de Lear par des chaises pliantes Ikea, afin de pouvoir les sortir de chaîne. Plus de 300 Master ont ainsi rejoint directement le parc de retouche.

Outre les salaires, une des raisons de la colère des travailleurs de Lear réside dans l’inquiétude pour leur avenir. Lear a perdu le marché des sièges de Master pour la Sovab, marché repris en 2024 par Faurecia… qui avait ce marché avant que Lear ne le récupère. L’usine Lear, pourtant toute neuve, devrait fermer. Les patrons changent ainsi de fournisseur comme on change de chemise, mais les travailleurs ont besoin de leur salaire pour vivre.

Jeudi 9 juin, les travailleurs obtenaient 70 euros d’augmentation de salaire, plus une prime de 30 euros par mois versée par semestre… au total les cent euros demandés. Il faut dire que Renault était pris à la gorge car, outre le manque de semi-conducteurs et de pièces de toutes sortes, le manque de sièges n’était pas tenable.

En se mobilisant, les travailleurs ont fait plier Lear, et derrière, Renault. En plus des 100 euros, ils ont marqué un point dans la bagarre avec un patron qui veut les mettre dehors dans moins de deux ans.

Correspondant LO