Psychiatrie : “Monpsy santé” ne satisfait personne

08 Juin 2022

Suite à l’importance prise par la question de la santé mentale durant la pandémie du Covid, Olivier Véran, ministre de la Santé, avait promis de rembourser les consultations de psychologues via le dispositif Monpsy santé.

Sur le papier, cela semblait répondre à la demande de nombreux professionnels de la santé mentale, qui savent que le coût des soins empêche beaucoup de personnes de consulter un psychologue. Cependant, derrière ces belles paroles, il y a la réalité d’un gouvernement pour qui la santé psychique, domaine trop peu rentable, ne compte pas vraiment. Les CMP (centres-médico-psychologi- ques) et l’hôpital n’ont pas les moyens financiers et humains pour remplir leur mission de service public. Il s’agit de faire reposer sur les psychologues les manquements de l’État, certainement pas de rendre l’accès aux soins plus facile.

Et puis, Monpsy santé est un dispositif profondément gênant pour les patients, qui sont contraints d’exposer leur intimité psychique devant plusieurs professionnels différents, doivent remplir des conditions très restrictives pour bénéficier de huit malheureuses séances d’une demi-heure par an, souvent bien insuffisantes pour entamer une thérapie conséquente. Toutes ces raisons ont poussé l’ensemble de la profession, particulièrement unie pour l’occasion, à boycotter le dispositif depuis sa création.

Avec le changement de gouvernement, la nomination à la Santé de Brigitte Bourguignon ne laisse rien présager de bon. Précédemment ministre déléguée à l’Autonomie, elle a permis, voire favorisé, la situation inadmissible constatée dans les Ehpad. D’ailleurs, elle a d’ores et déjà promis de continuer dans la lignée de son prédécesseur et a refusé elle aussi de prendre en compte les problèmes soulevés par les psychologues. Ceux-ci ont donc décidé, en plus de poursuivre le boycott du dispositif Monpsy santé, de faire grève et de manifester partout en France le vendredi 10 juin.

Correspondant LO