Policiers dangereux : ils sont couverts

08 Juin 2022

Samedi 4 juin, les policiers ont ouvert le feu sur un véhicule dans le 18e arrondissement de Paris. L’une des occupantes est morte à l’hôpital.

Selon les dires des policiers, le conducteur aurait refusé de se soumettre au contrôle qu’ils voulaient effectuer, l’un des passagers n’ayant pas accroché sa ceinture de sécurité. Il aurait alors foncé sur une patrouille d’agents à VTT pour s’enfuir. Il n’en a pas fallu plus aux policiers pour dégainer, tirer et tuer.

Cet acte vient après d’autres du même acabit. Fin avril, à Paris également, un policier avait tiré sur une voiture qui tentait d’échapper à un contrôle en traversant à vive allure le Pont-Neuf. Deux de ses occupants avaient été tués et un troisième blessé.

Le 26 mars, Jean-Paul, un jeune du quartier des Beaudottes à Sevran, en Seine-Saint-Denis, soupçonné d’avoir volé un véhicule, était tué d’une balle dans la tête par un homme de la brigade anticriminalité.

À chaque fois, les policiers se prétendent en état de légitime défense. Jamais prouvée mais toujours invoquée, celle-ci équivaut désormais pour eux à un véritable permis de tuer.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, vole au secours de ses hommes. « Les policiers, les gendarmes, méritent le respect. Ils font un travail courageux et risquent leur vie à chaque instant », a-t-il déclaré. Il a été accompagné par la Première ministre Élisabeth Borne, qui a affirmé sur la radio France Bleu : « Les policiers, s’ils sont en état de légitime défense, ils peuvent ouvrir le feu. Je pense qu’il y a de plus en plus de refus d’obtempérer avec des véhicules qui peuvent foncer sur les policiers, qui peuvent les mettre en danger. »

Ainsi soutenus, pour ne pas dire encouragés, les policiers peuvent se sentir couverts pour mitrailler tous azimuts. Ce n’est pas eux que le danger menace, mais les conducteurs qui auront le malheur de tomber sur une de leurs patrouilles à mentalité de cow-boys.

Daniel MESCLA