Park Hyatt Vendôme : un mouvement surprise

08 Juin 2022

Dans le palace parisien de Park Hyatt Vendôme, situé à Opéra, les salariés ont des traditions de lutte : ils ont fait plusieurs grèves depuis 2013, dont une de 87 jours en 2018, qui leur ont permis d’obtenir des augmentations de salaire.

Depuis, les salaires n’ont pas bougé mais, avec l’inflation, le mécontentement n’a pas cessé d’augmenter. Après une première grève surprise mardi 15 mars pour demander une augmentation de salaire et les primes annuelles de deux années consécutives non payées à la faveur du Covid, les femmes de chambre, gouvernantes et équipiers étaient déterminés à remettre çela. Ils n’avaient en effet obtenu que 3 % d’augmentation.

Les femmes de chambre et gouvernantes ont été encouragées par la grève victorieuse, le jeudi 26 mai dernier, des salariés de l’hôtel Intercontinental voisin qui, après six heures de grève, avaient obtenu 7 % d’augmentation. Elles ont préparé leur mouvement et attendu le bon moment. Dimanche 29 mai, l’hôtel était en effet complet, avec 51 départs et autant d’arrivées, les autres hôtels dépendant de leur société sous-traitante étaient également complets et ne pouvaient envoyer du personnel pour les remplacer. Bien plus, la direction du Hyatt-hôtel ne pouvait pas ce jour-là mobiliser les administratifs et autres agents pour aller faire les chambres. Étant donc en position de force, tout le personnel, au nombre de 30, s’est déclaré gréviste dès l’arrivée.

Une heure plus tard, l’un des patrons de la société de nettoyage STN, que la grève venait de surprendre dans son sommeil, appelait une déléguée pour la menacer : « C’est une blague ? Arrêtez vos blagues et remontez tout de suite ! C’est dimanche et la fête des mères : c’est de la trahison ! » Deux heures après, il devait la rappeler pour lui dire qu’il portait à 5 % l’augmentation et payait les heures de grève, ce qui a été aussitôt ressenti comme une victoire. La décision a été prise de reprendre le travail.

De nombreux autres mouvements se déclenchent dans des hôtels dont les patrons disent ne pas arriver à recruter du personnel, mais ne veulent pas pour autant payer les salaires qui permettraient de faire vraiment face au coût de la vie. Il faudra bien que ces patrons paient !

Correspondant LO