Marseille : un show de Macron ne remplace pas une école

08 Juin 2022

Accompagné du ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, Macron a visité jeudi 2 juin l’école de Menpenti. Située dans le 10e arrondissement de Marseille, c’est l’une des 59 écoles qui expérimentent, selon ses mots, une « plus grande liberté pédagogique ».

Lancée à la rentrée 2021 et limitée au départ à une cinquantaine d’écoles marseillaises, cette expérimentation a permis aux directeurs de recruter leur équipe pédagogique, au prétexte de choisir les plus motivés, moyennant une aide supplémentaire pour financer des « projets innovants ».

Ici, c’est une ancienne salle informatique – encore fallait-il qu’il en existât une – qui a été transformée en « laboratoire de mathématiques », où les enfants de maternelle viennent à tour de rôle s’initier aux maths en jouant. Comme si bien des professeurs des écoles n’innovaient pas quotidiennement pour transmettre des notions de calcul à leurs élèves, sans pour autant être sous le feu médiatique d’une opération de com’ de Macron.

Outre la généralisation de ce dispositif, pompeusement baptisé « écoles du futur », Macron s’est fendu de quelques annonces supplémentaires, dont la presse s’est emparée, comme faire revenir les maths en option au lycée, ou améliorer les rémunérations. Mais il n’a pas eu un mot sur les moyens humains et matériels qui manquent tant à l’Éducation nationale, sur la précarité croissante du personnel et sur la difficulté de recruter des enseignants à cause de la faiblesse des salaires.

De son côté, la ville de Marseille avait fait venir pour l’occasion des agents afin de remplacer les postes manquants. Cela faisait dire à une mère d’élève régulièrement confrontée au non-remplacement d’enseignants et perplexe devant les grands moyens déployés pour cette visite : « Pourquoi faire en grand quand on ne peut pas assurer le minimum : la cantine tous les jours et un enseignant par classe ? »

Derrière le show présidentiel, le chantier de rénovation des 174 écoles marseillaises n’en est qu’à ses débuts et la plupart des écoles en éducation prioritaire n’ont obtenu aucun moyen supplémentaire, alors que bien des enfants sont confrontés à la pauvreté qui explose dans les quartiers populaires de la ville. « L’école du futur » vantée par Macron n’est donc pas pour demain. Sauf si parents et enseignants s’en mêlent pour imposer des moyens à la hauteur des besoins !

Correspondant LO