Inflation : la guerre est déclarée

08 Juin 2022

Les classes populaires payent de plus en plus cher l’essence, le chauffage, le paquet de pâtes ou le kilo de tomates, mais aussi la construction ou l’entretien de leur logement. Le retour de l’inflation signifie des privations supplémentaires pour les classes populaires.

Une enquête de Soixante millions de consommateurs le détaille. En moyenne, du fait des hausses récentes, les familles dépensent déjà 27 euros en plus par mois pour le carburant, 32 euros pour les factures d’énergie et une trentaine d’euros pour les produits de consommation courante.

Dans le domaine de la production et de la distribution d’énergie, un nombre restreint de grands groupes dominent le marché et ont donc les moyens d’organiser la pénurie pour faire grimper les prix. La flambée de ceux-ci leur profite. En 2021 déjà, les bénéfices d’ExxonMobil ont été de 23 milliards de dollars ; de 20,5 milliards pour Shell ; 15,6 pour Chevron ; 16 milliards de dollars pour TotalEnergies, un record depuis quinze ans.

En position dominante, ces groupes imposent ces hausses de prix aux autres capitalistes, qui voient leurs coûts de production augmenter. Ils cherchent alors à restaurer leurs marges afin de rester profitables face à la concurrence, en augmentant à leur tour leurs propres prix de vente. Et, au bout du compte, ce sont les classes populaires qui paient. L’inflation n’a rien de naturel ou de mécanique, elle est le résultat de la dictature du profit.

C’est par elle que les capitalistes mènent la guerre sociale aux travailleurs.

Joséphine Sina