Chèque alimentaire : mépris à tous les étages

08 Juin 2022

Pour répondre à la hausse des prix qui frappe durement la partie la plus pauvre de la population, après le chèque carburant, Macron sort maintenant la promesse d’un chèque alimentaire, campagne électorale oblige. Quel sera son montant, à qui sera-t-il versé, quand et sous quelle forme, tous ces points restent pour l’instant dans le flou.

On sait cependant que ce chèque serait versé aux ménages les plus modestes, touchant le RSA, étant aux minima sociaux, ainsi qu’aux étudiants pauvres. Pour l’instant, le montant annoncé serait de 100 ou 150 euros, et Macron prévoit qu’il ne serait versé qu’en une seule fois : il ne faudrait quand même pas habituer ceux qui ont du mal à boucler leur budget à recevoir un chèque tous les mois, a-t-il osé dire ! En outre, si le versement avait une certaine régularité, il serait plus difficile d’y mettre fin.

Même si le chèque atteint 150 euros, la hausse des prix des produits alimentaires étant évaluée pour l’année à 224 euros par personne, il serait loin de couvrir les dépenses supplémentaires des ménages, surtout lorsqu’on sait que ce sont les produits de base, pâtes, féculents, etc., qui augmentent le plus.

Le gouvernement souhaiterait par ailleurs que cette aumône serve à acheter des produits bio ou provenant d’exploitations agricoles proches, pour « permettre aux plus modestes d’avoir une alimentation de qualité ». Dans quel monde vivent donc ces donneurs de leçons qui veulent apprendre aux pauvres à acheter de la nourriture correcte… avec une poignée d’euros supplémentaires par mois ? Beaucoup aimeraient déjà avoir deux repas équilibrés par jour, pour eux-mêmes et leurs enfants, ce qu’ils ne peuvent se permettre quand les fruits et légumes de saison, même pas bio, atteignent jusqu’à cinq euros le kilo.

Avec ce chèque alimentaire, le gouvernement insulte comme à son habitude les plus modestes, que ce soit par la somme ridiculement basse eu égard aux besoins, dans sa façon de le verser ou dans ses conseils de consommation aux plus pauvres, considérés comme trop bêtes pour savoir se nourrir correctement !

Marianne LAMIRAL