Urgences : Macron en représentation

01 Juin 2022

Les services d’urgence sont en crise dans tout le pays et Macron et sa nouvelle ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, ont fait mine de se pencher sur la question en visitant les Urgences de l’hôpital de Cherbourg mardi 31 mai.

Dans cette ville, la situation est catastrophique. Il n’y a que sept médecins urgentistes titulaires sur les 24 de l’effectif normal pour un hôpital d’une agglomération de près de 180 000 habitants ! 12 % de ceux-ci n’ont plus de médecin traitant et ne peuvent donc qu’aller aux Urgences. Face à l’afflux de malades depuis le 10 janvier, le Samu du département de la Manche régule les entrées, et les Urgences sont fermées de 19 h à 8 h 30. Pire, depuis le 30 mai, l’accès aux Urgences est restreint dès 15 heures pour pouvoir faire face aux urgences vitales. La direction évidemment parle d’une « situation provisoire en attendant de reconstituer une équipe complète », mais qui peut la croire ?

Ce qui se passe à Cherbourg se passe aussi dans tout le pays. Depuis plusieurs mois une centaine de services d’urgences, un sur cinq, doivent fermer leurs portes la nuit et le manque de personnel médical et paramédical est criant comme à Cherbourg. L’urgentiste Patrick Pelloux dénonce la situation catastrophique des Urgences en rappelant que « selon la loi tout citoyen doit se trouver à moins de 30 minutes d’un service d’urgence ». Cela ne peut que s’aggraver cet été, période de fermeture accélérée des services !

Mais la situation est aussi grave dans tous les hôpitaux du pays. Hirsch, le directeur de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), a admis qu’il y manque 1 400 postes infirmiers, ajoutant benoîtement : « On voulait créer 400 postes, on n’a pas pu le faire. » Véran, l’ancien ministre de la Santé, a fait le même constat avant de passer la main. Mais, alors que des syndicats appellent à la grève pour le 7 juin, que le personnel réclame des embauches et des augmentations de salaire, qui sont évidemment la clé du problème, il a osé affirmer : « Il y a des postes, il y a des budgets, il y a de l’argent… la crise est liée à un problème d’organisation, de bureaucratie. »

Macron à Cherbourg a affirmé, comme Élisabeth Borne, que la Santé sera une des priorités de son quinquennat. Il a promis... une “mission d’études” sur la Santé ! Cela ne fera pas oublier les 5 700 lits qu’il a fait fermer pour la seule année 2020 en pleine crise du Covid ! Il y a loin des discours aux actes puisque, dans un des pays les plus riches du monde, les hôpitaux sont au bord du gouffre, à la limite de la rupture. C’est le résultat d’une politique délibérée d’économies sur la santé, une politique criminelle menée depuis des décennies par tous les gouvernements de droite comme de gauche.

Cédric DUVAL