Charline Joliveau, employée de banque à Paris

01 Juin 2022

Candidate dans la 2e circonscription de Paris, j’ai commencé à travailler à 17 ans après mon Bac, chez des commerçants qui employaient des filles peu qualifiées. J’étais révoltée par leur mépris, nous n’avions pas de vestiaires, le fils des patrons draguait toutes les nouvelles.

Entrée au Crédit lyonnais en 1985, j’ai connu ma première grève en 1986. Il y avait un surcroît de travail à cause de l’informatisation des dossiers, je me souviens que nous avons porté un chariot plein de dossiers dans le bureau d’un chef. Puis j’ai travaillé dans une agence où la directrice faisait des remarques sur les tenues et la moindre minute de retard. Je croyais retrouver mon ancienne patronne.

J’ai contacté la CGT pour me syndiquer. Ce n’était pas très bien vu et la direction a préféré me muter dans un centre administratif. C’est là que j’ai été élue déléguée du personnel et qu’un peu plus tard, j’ai rencontré les militants de Lutte ouvrière, qui m’ont fait découvrir les idées communistes.

Aujourd’hui, les centres administratifs ont presque tous disparu. Le Crédit lyonnais est devenu LCL, nous ne sommes plus que 17 000, contre 42 000 au début des années 1980. Le courrier, le transport de fonds ont été transférés à des sous-traitants, les clients traitent eux-mêmes une partie des opérations. Mais c’est surtout le développement des technologies qui a permis aux patrons de réduire les effectifs.

Dans le même temps, les bénéfices des banques, qui se chiffraient à l’époque en millions de francs, s’élèvent aujourd’hui à des centaines de millions, voire des milliards d’euros.