Un monde en guerre : 100 millions de déplacés

24 Mai 2022

La planète compte aujourd’hui plus de 100 millions de personnes déplacées, obligées de fuir loin de chez elles à cause des conflits qui se multiplient et se prolongent.

C’est la première fois qu’un tel chiffre est atteint, dénonce le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), l’agence de l’ONU qui les prend en charge depuis 1951.

En Ukraine, huit millions de personnes ont dû trouver refuge dans d’autres parties du pays. Elles s’ajoutent aux six millions qui se sont réfugiées à l’étranger. Mais cette guerre n’est que la dernière en date. Ailleurs, d’autres conflits ont ravagé la planète depuis des dizaines d’années, et ont jeté sur les routes leur lot d’hommes et de femmes. Les réfugiés éthiopiens s’entassent dans les camps au Soudan, chassés par l’armée d’Abiy Ahmed, ce Premier ministre qui a reçu le prix Nobel de la paix sous les applaudissements des grandes puissances. Au Burkina, plus d’un million de personnes ont quitté leurs villages sous les coups conjugués des groupes djihadistes, des milices ethniques ou des exactions de l’armée du régime soutenu par l’impérialisme français. Une vaste zone d’insécurité couvre le centre du continent africain, de la Centrafrique à la République démocratique du Congo ou au Nigeria. Les trusts internationaux pillent ce qu’ils peuvent des richesses nationales, laissant aux bandes armées et aux gouvernements prédateurs le soin de terroriser la population. Il faut y ajouter les réfugiés issus des guerres menées par les grandes puissances en Afghanistan ou au Moyen-Orient. Car, derrière tous ces drames, on retrouve la main de l’impérialisme, son aptitude criminelle à exacerber les oppositions, à diviser pour régner, soutenant des régimes criminels quitte à éliminer toute possibilité pour les peuples de profiter des richesses de leur pays.

Le nombre de déplacés ne cesse donc d’augmenter. Ils s’entassent de plus en plus nombreux dans les camps du HCR, ou s’abritent comme ils peuvent là où ils trouvent refuge. Bien peu finissent par rentrer chez eux, car les conflits qui se poursuivent et l’insécurité permanente le leur interdisent. Quant aux frontières des pays riches où ils pourraient espérer refaire leur vie, elles restent bouclées.

Un bilan qui en dit long sur l’état de ce monde dominé par l’impérialisme.

Daniel MESCLA