Serge Latchoumanin, à La Réunion

24 Mai 2022

Candidat dans la 4e circonscription de l’île de La Réunion, j’ai 54 ans et je suis conseiller en formation. Pour mes parents, se dire communistes signifiait appartenir au camp des travailleurs, des plus pauvres : celui des ouvriers d’usine, des ouvriers agricoles, des cantinières, des petits planteurs qui étaient dans leur grande majorité les colons des gros propriétaires.

La vie de tousces gens, plutôt politisés, était rythmée pour beaucoup d’entre eux par l’activité de l’usine sucrière de Beaufonds. La plupart de ceux que je connaissais militaient ou étaient proches du Parti communiste réunionnais. Pour eux, le PCR était le parti des pauvres, des « petits » comme on disait. Les travailleurs ont mis beaucoup d’espoir dans ce parti et en son leader Paul Vergès, mais au fil des ans, la plupart ont déchanté car ils étaient loin de l’idéal auquel ils croyaient.

L’histoire de l’humanité est faite de migrations, d’échanges de connaissances, de mélanges de cultures, de métissage. C’est ce qui m’a fasciné depuis tout jeune. Au lycée du Butor à Saint-Denis j’ai cherché le contact et tissé des liens avec les Mahorais et les Comoriens. C’est dans ce même état d’esprit que je me suis rapproché des étudiants « zoreils », maghrébins, mauriciens, antillais, sénégalais connus à la cité universitaire de Strasbourg en 1988. C’est l’année où Mitterrand, président, et Chirac, Premier ministre, ont été responsables, avec le ministre de l’outremer Bernard Pons, du massacre des Kanaks de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie.

Ces événements ainsi que la politique répressive de l’État français ont exacerbé chez moi le sentiment de révolte. Militer à Lutte ouvrière, c’est s’affirmer dans le camp de la classe qui peut révolutionner le monde dans une perspective communiste.