Éducation : un nouveau ministre, mais toujours pas de nouveaux moyens

24 Mai 2022

La nomination du nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, a fait couler beaucoup d’encre. Après Blanquer et ses réformes, Macron veut faire ainsi croire au monde enseignant qu’il change de politique.

Macron se retrouve avec la fronde des tenants de la réaction la plus crasse, de la droite à l’extrême droite. En effet, Pap Diaye, agrégé d’histoire, est connu pour ses recherches sur les Noirs américains et il a dirigé le Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris, porte Dorée. Il a fait remarquer qu’en France « il y avait un déni » au sujet des violences policières. Il n’en a pas fallu plus pour que toute la droite et l’extrême droite s’enflamment. Marine Le Pen juge ce choix « terrifiant ». Pap Ndiaye est même « un intellectuel indigéniste, wokiste, obsédé par la race » aux yeux de Zemmour, qui s’y connaît en obsession raciale. Et la droite n’est pas en reste et déclare en la personne d’Éric Ciotti que Pap Ndiaye est « adepte de l’islamo-gauchisme ».

Au fond, ce déballage raciste et réactionnaire sert le gouvernement Macron. Le président peut être satisfait de la polémique créée par la nomination de ce nouveau ministre. Elle pourrait fort à propos masquer les ravages causés par les cinq années de suppressions de postes dans l’Éducation nationale. Car la rentrée est déjà programmée, les suppressions de postes dans le premier et le second degré sont effectives. Dans le second degré, collèges et lycées confondus, 440 postes disparaissent. Cela porte le nombre de suppressions à 7900 en cinq ans, ce qui équivaut à la disparition de près de 175 collèges ! Quant au premier degré, même si les moyens annoncés sont stables, les inspections académiques prévoient de nombreuses fermetures de classes. Ce qui s’annonce partout, ce sont des classes surchargées, des enseignants non remplacés, une dégradation continue de l’éducation.

Alors, la nomination de Pap Ndiaye ne va pas changer la donne. Dans nombre de salles de professeurs, les enseignants n’en attendent rien.

Aline URBAIN