Contre la hausse des prix : imposer les revendications de l’ensemble des travailleurs

24 Mai 2022

Face aux hausses de prix générales et insupportables, des travailleurs se mobilisent pour des augmentations de salaire. Mais le patronat, lui aussi, se prépare et cherche les moyens de contrer ces revendications plus que légitimes.

Pour que les luttes ne se concluent pas sur des victoires illusoires, il est indispensable de réfléchir aux revendications à mettre en avant.

Dans chaque entreprise qui a connu un début de mobilisation sur les salaires, les patrons ont tenté de proposer des primes, au lieu d’augmentations générales. Ils savent qu’ils ont le pouvoir de manipuler les primes, de les rendre aléatoires et qu’elles ne comptent généralement pas pour la retraite. Une partie des travailleurs d’ailleurs rejettent de telles propositions et réclament des augmentations générales et uniformes. Mais, là encore, les patrons cherchent des parades en proposant des montants différents en fonction des salaires ou des qualifications. Quitte à devoir céder, ils préfèrent largement des hausses de salaire en pourcentage, qui désavantagent les plus bas salaires et coûtent bien moins cher aux patrons. Tous les moyens sont bons pour tenter de diviser les travailleurs et empêcher qu’ils prennent conscience de leur force.

Le patronat a bien d’autres moyens encore de protéger ses profits, même s’il doit céder de légères augmentations. Avec le chômage de masse, la précarité et le développement des contrats d’apprentissage, il sait qu’il peut exploiter des travailleurs dont le salaire est bloqué au plancher.

Pour enrayer la possibilité d’une montée de colère due à l’inflation, les patrons parlent actuellement de rouvrir des négociations salariales avec les syndicats. Dans ces négociations, ils pourraient, avec la complicité de ceux-ci, faire miroiter des améliorations en discutant des grilles de qualification et autres miroirs aux alouettes pour les travailleurs.

En dernier recours, le patronat sait qu’il a le pouvoir d’agir sur les prix, de se servir de l’arme de l’inflation pour annuler les effets des augmentations de salaire qu’il se verrait contraint d’accepter. Il mène la guerre en permanence aux travailleurs et, face à la contestation sur les salaires, il a déjà prévu des parades, des voies en impasse, des mensonges. Il a une politique contre la classe ouvrière. En face, celle-ci doit impérativement en avoir une aussi.

Les travailleurs ont intérêt à mettre en avant non seulement des augmentations générales et uniformes de plusieurs centaines d’euros, mais aussi l’indexation des salaires sur les prix, pour ne pas tout perdre en quelques mois. Ils doivent aussi imposer la répartition du travail entre tous, afin d’empêcher les patrons d’imposer la précarité et de faire ainsi pression sur les salaires de tous les travailleurs.

Pour empêcher les capitalistes d’enfoncer les travailleurs dans la pauvreté, il faudra changer réellement le rapport de force, imposer le contrôle de leurs comptes, de leurs affaires, de leurs choix.

Marion AJAR