Caf : en surchauffe

24 Mai 2022

La presse nationale parle enfin des retards de traitement des Caisses d’allocations familiales, dont les chiffres sont impressionnants : la Caf de Nancy a plus de deux mois de délais, et il faut trois semaines et demie pour obtenir un rendez-vous.

Mais ce n’est pas la pire : les Caf de Strasbourg et de Seine-Saint-Denis ont plus de cinq mois de délais… et celle de Paris traite actuellement les demandes arrivées le 15 novembre 2021 !

En réalité, depuis un an et demi, les retards sont catastrophiques et ne se résorbent pas malgré le surtravail demandé aux salariés, qui ont effectué plus de 396 000 heures supplémentaires en 2021, l’équivalent de presque 250 postes à temps plein.

La direction se cache derrière les pannes informatiques et les difficultés techniques engendrées par la réforme de l’aide au logement de janvier 2021. Mais depuis, rien n’est réglé et le stock de dossiers en retard est toujours aussi élevé. Alors l’excuse ne tient plus, et tout le monde voit que le problème de fond est le sous-effectif chronique.

En attendant, les allocataires subissent les conséquences : ils attendent des mois la mise à jour de leur dossier et souvent la Caf leur réclame le remboursement d’un « trop-perçu ».

Dans ce contexte, l’épuisement gagne les travailleurs des Caf. Mais parfois aussi ils relèvent la tête, comme quand une trentaine de salariés ont envahi le bureau du directeur de la Caf de Nancy en mars dernier, ou quand des agents de la Caf du Calvados ont débrayé jusqu’à ce que la direction vienne s’expliquer face à eux. Plus cette situation perdure, plus il devient évident que les employés géreraient bien mieux le travail que leurs dirigeants…

Correspondant LO