Augmenter et indexer les salaires sur les prix, c’est vital !

24 Mai 2022

Face à la flambée des prix, il faut augmenter les salaires. Tout le monde le reconnaît, le ministre de l’Économie, le patron du Medef, les dirigeants politiques, de gauche comme de droite, et tous les prétendus experts économiques.

Oh, ils ne s’inquiètent pas pour les travailleurs. Que ces derniers soient obligés de se serrer la ceinture, ils n’en ont que faire ! Mais ils constatent que l’appauvrissement du monde du travail devient dangereux pour toute l’économie : les petits commerçants voient leur clientèle se tarir et il est difficile, voire impossible, de recruter avec des niveaux de salaire aussi bas.

Alors, la question des salaires est devenue un problème pour tout le monde. Mais le grand patronat ne veut pas payer et le gouvernement ne l’y oblige pas. Il le pourrait, ne serait-ce qu’en augmentant significativement le smic, mais il ne le veut pas. Même pour le déblocage des salaires des fonctionnaires, l’État traîne et rechigne au rattrapage nécessaire.

À la place, le gouvernement cherche des subterfuges : primes et heures supplémentaires défiscalisées ; chèque alimentaire ; ristournes sur l’essence pour ceux qui roulent le plus… Toutes ces mesures, payées par les impôts, c’est-à-dire par chacun d’entre nous, ne sont que des pis-aller. Elles ne sont pas conçues pour que l’on ne s’appauvrisse pas, mais pour que l’on supporte notre appauvrissement, alors même que les profits faramineux s’accumulent du côté de la bourgeoisie.

Les spéculateurs qui font grimper les prix s’en mettent plein les poches. Et les superprofits d’un TotalEnergie ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Toutes les grandes entreprises continuent de réaliser des profits, sans compter qu’avec ceux de 2021 elles ont des réserves. Alors, il faut se battre pour prendre l’argent sur ces profits !

Toutes les entreprises ne seraient pas en mesure d’augmenter les salaires parce qu’elles ont, elles-mêmes, des charges qui augmentent ? Qu’elles fassent la transparence sur leurs comptes, et on verra qui fait son beurre sur le dos des autres !

Dans tous les cas, il n’y a aucune raison que les travailleurs acceptent, en plus d’être exploités, d’être volés par le biais de l’augmentation des prix. C’est pourquoi il faut l’augmentation des salaires et leur indexation automatique sur les prix.

Beaucoup de travailleurs ne sont pas dupes. Ils savent qu’il leur revient, à eux, d’arracher de véritables augmentations de salaire, au travers des grèves. Ces dernières semaines, celles-ci se sont multipliées, dans le privé comme dans le public, et elles ont souvent porté leurs fruits.

Une grève emblématique vient de se dérouler dans une usine de Châtellerault qui fabrique des sacs Vuitton pour le groupe LVMH, propriété de Bernard Arnault. Celui-ci encaisse, au titre des profits de 2021, deux smic par minute. Mais le luxe, ce ne sont pas seulement de riches clients et des actionnaires pleins aux as, ce sont aussi des couturières qui gagnent 1 400 euros après dix ans d’ancienneté. Eh bien, 550 d’entre elles ont fait grève et viennent d’arracher 100 euros net.

Tout aussi gros et rapace, le groupe Toyota vient d’annoncer un record historique de 20 milliards d’euros de bénéfices en un an et continue d’imposer des salaires indignes. À l’usine d’Onnaing dans le Nord, où 5 000 ouvriers fabriquent la Yaris, les débrayages de centaines d’ouvrières et d’ouvriers s’enchaînent actuellement sur les salaires. À cette liste, on peut encore ajouter Amazon, où 1 500 salariés se sont mobilisés en avril dans les plus grands entrepôts du pays.

De nombreuses grèves concernent aussi la dégradation des conditions de travail, le manque de personnel et les menaces de chômage partiel, car tout s’ajoute. Elles touchent aussi les entreprises sous-traitantes et tous les secteurs : hôpitaux, transports, collectivités locales.

Dans ce contexte de crise, si les luttes dans les grandes entreprises s’étendent à l’ensemble du monde du travail, elles peuvent ouvrir la voie à un changement de rapport de force avec le patronat. Car le fait est que nous nous retrouvons désormais tous unis derrière la même revendication : l’augmentation et l’indexation des salaires !

C’est cette nécessité des luttes collectives qu’affirmeront les candidats de Lutte ouvrière aux législatives du 12 juin. Ils seront présents dans toutes les circonscriptions pour affirmer qu’au travers des combats collectifs les travailleurs ont la force de changer leur sort face à la rapacité capitaliste !

Bulletins d’entreprise du 23 mai 2022

Nathalie ARTHAUD